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14
Aou
2012

Farka Saboun

Centre Culturel International de Hammamet

Mardi 14 Août 2012
Festival International de Hammamet

La scène nous montre deux femmes au crépuscule de l’âge que le destin a réuni dans une maison de retraite, autour d’une corvée sans fin, celle de laver le linge des autres résidents. Si Jean-Paul Sartre, dans sa pièce de théâtre Huis clos conclut que «l’enfer, c’est les autres», la pièce Farka saboun s’avère l’antithèse de la conception sartrienne; mais tout aussi existentialiste. Que serait, en effet, le personnage de Aziza Boulabiar sans « Aziza», l’amie de route, de l’ici-maintenant et de demain que joue Moez Toumi et vice versa? Le personnage de Aziza Boulabiar nous présente une femme qui a vécu comme elle le souhaitait: elle a passé 49 ans à vivre auprès d’un mari moderne, cool, émancipé qui ne lui reprochait que son amour démesuré envers ses enfants. Après sa mort, et en proie à la dégradation physique naturelle, cette femme s’est sentie de trop dans sa famille. Pour ses enfants, elle ne représentait plus qu’une source de revenus supplémentaires. Seuls sa pension de retraite, ses bijoux et son imminent héritage comptaient pour eux. Secouée par son orgueil, elle boucle ses valises et se rend, de son propre gré, à la maison de retraite. 

Pour «Aziza», la vie et la chance n’ont jamais été de son camp. Vieille fille, elle a consacré sa vie et sa jeunesse pour élever ses neveux que leur mère biologique a délaissé. Certes, «Aziza» n’a jamais enfanté, mais elle avait le capital émotionnel et affectif nécessaire pour élever des générations. Pourtant, ses neveux n’ont pas hésité à la placer dans une maison de retraite. Ils ont même eu recours à une ignoble machination pour masquer leur lâcheté. 

Si la première réprime le regret d’avoir été orgueilleuse et d’avoir quitté le cocon familial, l’autre regrette toute une vie gâchée; une vie sans amour, sans jouissance et sans procréation. Elle vit toujours dans l’espoir de perdre une virginité qui pèse lourd sur son existence de femme, qui lui rappelle son incapacité à prendre son destin en main et qui lui colle comme une tare récalcitrante. 

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