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65e Festival international de Cannes — Après la bataille de Yousri Nasrallah en compétition

La Presse | Publié le 18.05.2012

65e Festival international de Cannes Filmer la révolution n’est pas aisé
Seul film arabe et africain à concourir en compétition officielle à Cannes pour la Palme d’or, Après la bataille de l’Egyptien Yousri Nasrallah, projeté hier, se focalise sur la Révolution et plus précisément sur les «Cavaliers de la place Ettahrir», qui, manipulés par le régime de Moubarak, ont chargé les manifestants. Mahmoud habitant le quartier pauvre de Nazlet El Sammam, jouxtant les Pyramides de Gizeh, est l’un d’entre eux. Avant la Révolution, il gagnait sa vie en promenant les touristes à dos de chameau. L’Etat voulant réhabiliter cette zone et ses terrains qui valent de l’or, encore et toujours dans un but de spéculation, a fait construire un mur pour empêcher les chameliers et les cavaliers d’accéder aux touristes et les pousser, ainsi, au départ. Après la Révolution, la situation empire, la défection des touristes aidant, Mahmoud, tabassé, humilié et sans travail, perd pied ne pouvant plus nourrir sa famille et son cheval. C’est à ce moment qu’il fait connaissance avec Rim, une jeune Egyptienne divorcée, habitant les beaux quartiers du Caire, publiciste et activiste de la société civile. Une relation amoureuse naîtra entre les deux personnages que tout oppose : Mahmoud l’antirévolutionnaire qui rêve de l’Egypte d’avant et Rim la révolutionnaire invétérée agissant pour la liberté et la dignité.
Le film s’ouvre sur la fameuse scène de «La bataille des chameaux» qui a fait le tour du monde sur les satellitaires et les réseaux sociaux et se clôt sur la manifestation pacifique de Maspéro organisée le 9 octobre devant le siège de la télé publique après l’incendie de deux églises coptes à Assouan, mais qui s’est terminée tragiquement puisque l’armée a tiré et a attaqué la foule avec des blindés, causant une trentaine de morts. Entre-temps, le réalisateur use de la fiction pour étayer la thèse qu’il prône et qui parcourt le film de bout en bout et que finit par dire et avouer Mahmoud à Rim : «Nous avons attaqué les manifestants parce que le pouvoir nous a incités à le faire nous promettant de détruire le mur séparant notre quartier des Pyramides». Cette thèse est-elle réelle? L’Histoire et les historiens le diront. Maintenant quels écriture et style cinématographiques prône le réalisateur pour mettre en scène tout ça ? Disons d’emblée que l’absence de scénario, improvisé au fil du tournage, selon Yousri Nasrallah lui-même, se ressent fortement tant le propos est embrouillé car partant dans tous les sens et explorant plusieurs pistes : la Révolution, le travail associatif, la condition de la femme, le métier de cavalier, la danse des chevaux, les conditions de vie désastreuses des habitants de Nazlet El Samman, les scènes de ménage, l’histoire de la construction du mur, les milliardaires mafieux et nous en passons. La supposée passion entre Mahmoud et Rim fait long feu et est rapidement perdue de vue. Après la bataille bavarde, bavarde...beaucoup usant d’un discours direct et didactique et hystérique. Les moments de silence et de cinéma sont rares, le style est nerveux dans le sens brouillon et parfois même bâclé. Une exception : la scène finale où Mahmoud escalade les Pyramides quand il prend conscience de la nécessité du combat pour la liberté et la dignité. Nasrallah use, également, d’images documentaires des réseaux sociaux et de la télé mais leur exploitation cinématographique se limite à l’insertion sans réel parti pris cinématographique. Côté jeu : rien à signaler à l’exception du fait que l’on voit que Menna Chalaby (Rim) joue, donc elle n’est pas toujours crédible, et que Bassem Samra joue plus naturellement. Ainsi, flmer la Révolution ne semble pas aussi aisé, car jusqu’ici nous n’avons pas vu une œuvre cinématographique arabe convaincante à ce propos. Peut-être que pour cela davantage de recul s’avère utile et nécessaire. Il est vrai que le disciple de Youssef Chahine conclut son film en laissant entendre que la Révolution n’a pas encore eu lieu et que c’est plutôt le sentiment révolutionnaire qui est né en Egypte. Donc attendons la vraie Révolution pour que Nasrallah fasse un film convaincant sur la Révolution.

«Je ne veux pas que mon film soit vendu à Israël»

Signalons, enfin, qu’au cours de la conférence de presse qui a suivi, hier, la projection du film Yousri Nasrallah a déclaré qu’il ne voulait pas que le film soit vendu à Israël, estimant que ce pays n’est «pas un allié» de la révolution égyptienne. «Je ne sais pas du tout si le film a été vendu à Israël mais si vous voulez connaître mon avis, non, je ne veux pas qu’il soit vendu à Israël. Pas tant que les Israéliens occupent encore les territoires palestiniens» provoquant les applaudissements de plusieurs journalistes. Une polémique est-elle en train de naître sur la Croisette après de tels propos ? Les prochains jours nous le diront.

Samira DAMI
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