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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Arts plastiques : Trois sculptures monumentales de Sadika à "Saragosse 2008"
Le Temps | Publié le 05.06.2008
Le verre soufflé confronté au jeu des éléments naturelsDans le cadre de la participation de la Tunisie à l'exposition internationale "Saragosse 2008", la plasticienne Sadika Keskes expose trois sculptures monumentales en verre soufflé. L'événement aura lieu du 14 juin au 14 septembre à Saragosse, où l'installation de Sadika devrait être visitée par des centaines de milliers de personnes.
Le concept mis en œuvre par cette esthète du verre est des plus surprenants : il s'agit d'emprisonner dans des modules étanches en verre soufflé des éléments organiques avec l'air de ce four précis. Du coup, les parois en verre transparent donnent à voir sur le court et le moyen termes le processus d'évolution des micro-organismes en milieu fermé.
C'est une métaphore de la vie qui se joue sous les yeux du "regardant". Vie et mort de cette matière organique qui, par ricochet, devient une parabole sur nos corps, nos destins, notre passage.
Concept saisissant, c'est la vie qui est la matière même de l'œuvre d'art en évolution. Visible jour après jour, en temps réel, au sein d'une atmosphère confinée mais lumineuse, le regard croise le processus de toute vie ; croissance, dépérissement, décomposition se jouent dans un laps de temps qui se déroule, mentalement, à l'infini.
UNE METAPHORE AU VIVANT
Intitulée, " Le partage des eaux ", une autre œuvre de Sadika confronte son matériau idéal, le verre, aux éléments naturels. Encore une fois, c'est une réflexion sur la vie qui est mise en œuvre.
Dans ce cas, plusieurs éléments géométriques sont mis en situation avec des éléments naturels dans la perspective de fondre le tout dans un ensemble où jeux de lumière et transparences subliment et prolongent la matière.
Cette œuvre se déploie selon la technique de l'installation avec un propos limpide : la matière n'est ni inerte ni figée. A l'image de la vie, elle se déploie en surimpression aux mouvements de la mer ou à l'incandescence du soleil. Avec ce partage des eaux, Sadika semble rechercher une impossible équation : concilier la spiritualité latente qui habite tout élément aussi fluide ou infinitésimal soit-il avec le regard sur la matière à l'état pur.
Au cœur de l'énigme existentielle, Sadika construit de paradoxaux "Stonehenge" au bord de la mer tout en semblant amplifier deux pensées essentielles de Lucrèce selon lesquelles nous sommes tous des morts sursitaires alors que nul ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve. Ce qui, au fond, est dans la " nature des choses " est sublimé par les installations de Sadika et sa manière d'interpeller nos angoisses et nos oublis.
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