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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Au-dessous des genoux – Portugal Alice au pays du carton
Publié le 05.12.2007
En 35 minutes, avec une mise en scène minimaliste, pas de texte, et quelques lampes de bureau et des ampoules en guise d’éclairage, l’émotion était au rendez-vous avant-hier à El Teatro avec Au-dessous des genoux un spectacle qui nous vient du Portugal.
Au-dessous des genoux est un spectacle qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’au public adulte, s’ouvre sur une scène vide et se clôt sur la construction de toute une ville. Même si c’est du théâtre, les techniques usitées s’apparentent plus aux arts plastiques, et au lieu de nous construire un monde merveilleux, elle offre à notre regard une ville en miniature, une ville de «préfabriquées», et de constructions austères. En allumant quelques sources de lumière, elle crée devant nous des sous-espaces avec des petites constructions de carton qui forment des maisons, des usines, une église, un simulacre d’urbanisme des plus angoissants.
Les protagonistes sont des personnages de papier que Marcia Lança découpe sous nos yeux et dans le silence le plus total. Et, c’est à partir du moment qu’elle les fixe au sol, les fait voler, les découpe, notre regard se détourne de toutes les manipulations opérées par cet espèce de marionnettiste de personnages en carton, pour essayer de suivre dans ce mutisme l’histoire qu’on tente de nous raconter.
Pour cette jeune femme qui vient du monde du cirque, il lui suffit de peu pour nous raconter une histoire. Quelques cartons, du papier, de l’eau et du sable et dans cette simplicité la plus déconcertante et sans un mot, elle nous transmet tout en émotion l’angoisse des villes, la vie et la mort, l’oubli et la solitude, l’enfer et le paradis. Un spectacle étrange qui détourne notre regard de la personne qui se trouve au centre, et crée tout de suite un rapport de sympathie et d’identification avec des personnages de papier sans visage, sans expression, sans identité.
Et au milieu de tout ce monde, Marcia Lança, nous semble comme, «Alice au pays des merveille» devenue géante en avalant un champignon sauvage, et découvre, un autre monde, le nôtre, vu d’en haut. Sans prétention ni faux semblant, Au-dessous des genoux est une performance qui laisse libre cours à l’imaginaire de tout un chacun et, avec sensibilité, nous raconte en quelques coups de ciseaux l’histoire de l’humanité, de la naissance au trépas, dans l’indifférence et la froideur de la ville.
La Presse
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