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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Concert de Majda Erroumi à Carthage La voix de l'Ange...
Le Temps | Publié le 05.08.2008
Concert de Majda Erroumi à Carthage La voix de l'Ange...Concert de Sixth Revelation au Festival international de Carthage : Anguille sous roche ? Charanga Habanera et Sixth revelation : Oui, mais sans Charanga Habanera ! Ce fut une soirée mémorable. Une soirée qui a vu une affluence de milliers de personnes venues de tout bord pour s'abreuver de la beauté des mots, de la délicatesse des compositions et du timbre pur d'une artiste complète : Majda Erroumi.
Ce nom à lui seul a drainé un large public et a fait chavirer le cœur de centaines de fans. La nuit du 02 août 2008 a scellé les retrouvailles entre le Liban et la Tunisie sur la scène de la de Carthage où Majda Erroumi fut, le temps d'un soir, l'ambassadrice du raffinement et de l'élégance...
Il est rare de voir un artiste complet se produire sur la scène d'un festival, dans les conjonctures actuelles où la chanson orientale vit sous l'emprise de la mondialisation et de la médiation frénétique. Une pléiade d'artistes continue à défendre les principes de la chanson à texte où les paroles et la musique se confondent dans un timbre de voix exceptionnel. Majda Erroumi s'inscrit dans cette trombe d'artistes ; elle qui s'insurge contre «les guerres, toutes les guerres», comme elle le dit, part à la quête du beau et de l'élégant. Dès son entrée sur scène jusqu'à son départ, la foule était sous l'emprise de l'ange Majda...
De la présence scénique et de la voix
En robe blanche, Majda Erroumi a fait son entrée sous les applaudissements et les ovations de son public. Décontractée et joviale, elle a interprété un répertoire varié où les titres phares de ses albums précédents ont côtoyé ceux de son nouvel album. Des chansons comme «Aynaka», «Kalimet», «Habibi», «Ouhebouka jeddan», etc., ont ému et fait chavirer le cœur des convives. Le Liban, le pays natal, a été évoqué par le biais de deux chansons, dont l'une fut rédigée par le poète palestinien Mahmoud Darwich. La nostalgie de la terre des origines a hélé le souvenir des êtres disparus, l'esprit de l'acteur Ahmed Zaki a flotté dans les airs, et la mémoire du cinéaste Youssef Chahine, récemment disparu, a été célébrée par une chanson émouvante qui a suscité l'intérêt du public.
Avec ce naturel et cette élégance auxquels elle avait habitué ses fans, Majda Erroumi a déployé son énergie et son talent pour saisir chaque vibration d'une note, la nuançant avec la beauté ou la verve d'un verbe. Son timbre unique et inimitable a vibré pour emplir l'amphithéâtre avec cette force fragile et cette douceur cristalline qui caractérise la voix de Majda Erroumi.
Pendant plus de deux heures, elle a chanté les textes de Nizar Kabani et de Mahmoud Darwich, entre autres. Elle a rendu hommage au pays natal, au pays d'accueil et aux chers disparus, elle a célébré l'amour, elle a chanté l'amitié et a conjuré le poids de la séparation. Le bouquet final a été placé sous le signe de la «tunisianité». En effet, Majda Erroumi a interprété deux standards de la chanteuse Saliha. Cette performance vivement applaudie par les milliers de spectateurs a fait revenir la chanteuse sur la scène pour reprendre le dernier couplet de la chanson de Saliha.
En un peu plus de deux heures, Majda Erroumi a su maintenir son public en haleine. Elle a chanté pour le plaisir, faisant naître une once de complicité dont seule la chanteuse détient le secret et qui fait entrer les mélomanes dans la danse.
Malgré les imperfections tant au niveau comportemental qu'au niveau de l'organisation, le concert a été un succès qui consacre Majda Erroumi comme étant une artiste complète. Elle a su transporter les gens sur un nuage savoureux où la musique est une invitation au voyage. Grâce au vibrato de sa voix, la fille de Halim Erroumi a exprimé toute la beauté des noces entre la note et le verbe.
Par sa présence scénique et sa prestance artistique, Mejda Erroumi a su séduire son public. Des pas de danse discrets à la voix douce et pénétrante, elle a capté l'attention des spectateurs. Sa présence et son aisance devraient être un model à suivre pour certaines qui percent dans ce métier.
Du Liban nous est venu cet Ange... un Ange habillé en blanc, qui a illuminé par la puissance douce de sa voix une des soirées mémorables de la 44ème session du Festival International de Carthage...
Concert de Sixth Revelation au Festival international de Carthage : Anguille sous roche ?
La soirée du 03 août 2008 a été placée sous le signe de la découverte et du rythme entraînant. En effet, le groupe Sixth Revelation a proposé au public du festival de Carthage une revisite dans le monde de la musique jamaïcaine : le reggae. Des dizaines de spectateurs, jeunes pour la plupart, ont investi les lieux pour s'abreuver de musiques antillaises et latines...
Le programme annonçait une soirée aux couleurs jamaïcaines et cubaines. Seulement, le concert qui devait voir se produire Sixth Revelation suivi par Charanga Habanera n'a été assuré que par le premier groupe, et dans la soirée il n'y a eu que le reggae, bannissant de ce fait la salsa, musique cubaine attendue par plusieurs des convives. Comme à l'accoutumée, aucune explication n'a été donnée au public quant au changement du programme. Et sur les affiches et les bandes d'annonce à la télévision aucune modification n'a été apportée. Même sur le site internet du festival, on ne trouvait aucune information ou mise à jour apportant une précision sur ce changement.
Cette attitude a déçu certains car, de leur propre aveu, ils disent avoir fait le déplacement pour savourer la musique latine. Ils attendaient Charanga Habanera pour faire une escapade au pays du rythme sensuel et entraînant. Au lieu de ça, ils n'ont vécu qu'une soirée reggae.
Le concert, assuré par le seul groupe Sixth Revelation, a transporté le public vers le pays de Bob Marley. Sur la scène, c'était une énergie démesurée qu'avait déployée l'interprète. En effet, ce dernier a chanté et dansé ; il s'est déhanché et fait jouer les nattes de ses longs cheveux comme le feraient les chanteurs de rock. Il a célébré le pays natal et l'amitié, et en hommage à l'incontournable Bob Marley, il a interprété «No Woman No Cry», titre vivement applaudi par le public.
Assurant les deux parties de la soirée, Sixth Revelation a proposé un répertoire varié où la tradition reggae s'est teintée de couleurs rock'n'roll et où un morceau salsa a été joué, au début de la deuxième partie de la soirée, maigre consolation pour ceux qui attendaient les rythmes de la musique latine. Le chanteur s'est démené sur la scène et est entré en osmose avec le public si bien que parfois le concert prenait des allures d'animation d'un club de vacances. Les titres interprétés ne brillaient pas par la profondeur des paroles ou par leur beauté, seul le tempo primait. À quoi bon chercher une signification dans le texte, ou plutôt pseudo-texte, vu que sur les marches et devant la scène tout le monde se déhanchait ! N'était-ce pas le plus important ? Après tout, les gens sont venus pour s'amuser et danser et c'est ce qu'ils ont fait ! Et peu importe si le programme a été modifié à leur insu !
Ainsi la soirée antillaise qui devait être un moment de partage et de découverte de la culture de l'autre coté de l'océan n'a été qu'une pale animation dans laquelle le public est entré en transe sous les airs du reggae. Beaucoup sont sortis satisfaits, d'autres s'interrogeaient encore sur la non venue de Charanga Habanera et sur les causes de cette absence.
Une interrogation qui demeure en suspens, qui ouvre la portes des spéculations et qui appelle de nouvelles interrogations : pourquoi ce silence autour de l'absence de Charanga Habanera ? Pourquoi personne n'a été prévenu ? Quelles sont les causes légitimant la non venue du groupe ? Y a-t-il anguille sous roche ? des questions qui demeurent à leur tour sans réponses comme toujours...
Charanga Habanera et Sixth revelation : Oui, mais sans Charanga Habanera !
C'est un public en masse qui remplissait presque l'amphithéâtre romain de Carthage et attendait avec impatience le spectacle de deux groupes de musique, pour se faire duper !.
On dit bien « duper » puisque le groupe, tête d'affiche en l'occurrence, n'est jamais arrivé à destination, c'est-à-dire en Tunisie, et que la direction du festival de Carthage, s'est bien gardé de communiquer l'information aux guichets et à l'entrée de l'amphithéâtre de quelque manière que ce soit.
Une fois installés, les billets payés en poche, on a reçu la nouvelle du jour : le groupe Sixth revelation sera le seul à jouer toute la soirée.
Le roi est mort, vive le roi ! telle fut la réponse du public : les Sixth revelation qui ont eu du mal, au début de leur show, à chauffer la salle, ont fini par en faire tortiller plus d'un.
Une foule qui s'est laissé emporter aux sons d'un reggae primaire, répétitif et ennuyeux et qui a vite oublié l'absence du groupe phare pour lequel elle s'est déplacée.
Le show a continué avec des morceaux reggae dignes d'un groupe débutant en répétitions, une reprise massacrée de « No woman no cry » de l'illustre Bob Marley et une autre chanson dont les accords sont littéralement repris du répertoire du chanteur Patrice.
Enfin, on ne se fera pas avocat d'un parti qui ne tient pas à se faire défendre, puisque le public est resté jusqu'au bout et à applaudir plus de deux heures un spectacle, qui n'en valait pas du tout la peine !
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