
Envoyer cet article à un ami
Votre message a bien été transmis.
Jetset Magazine vous remercie de votre fidélité.Problème lors de l'envoi
Nous nous excusons, réessayez plus tard.
Réagir à cet article
Votre commentaire a été envoyé
Votre commentaire a été envoyé à notre équipe de modération, il sera publié après sa validation.Nous nous réservons le droit de le modérer s'il ne respectait pas notre charte.
Problème lors de l'envoi
Nous nous excusons, réessayez plus tard.Farhat Hached de Ahmed Khaled Un monument, désormais à notre portée
La Presse | Publié le 15.01.2008
Sur 950 pages déclinées en deux tomes, l’un en arabe, l’autre en français, Ahmed Khaled vient de livrer à la lecture des intellectuels, des politiques, des historiens et des profanes, une masse gigantesque de documents, de lettres, de discours, d’articles, de notes et d’informations diverses pouvant éclairer la lanterne de quiconque serait soucieux d’aller plus loin dans l’investigation à propos du parcours du grand leader du syndicalisme militant et du mouvement national qu’a été et que restera à jamais Farhat Hached.
L’auteur a réussi à construire une biographie assez complète du défunt et à compulser une bibliographie impressionnante en renvoyant, pour plus d’information, à une masse colossale de références puisées dans les archives nationales, le patrimoine de la famille Hached, les documents des services de renseignements français, la correspondance de la résidence générale de France en Tunisie et les notes du State Department américain.
Le livre donne le ton dès la couverture: il s’agit de rapporter l’itinéraire, le combat, la pensée et les écrits de ce «héros de la lutte sociale et nationale, et martyr de la liberté» qu’est Farhat Hached.
L’auteur prend le soin de suivre pas à pas le tout petit puis le jeune Farhat Hached jusqu’à son entrée dans les rangs de la centrale syndicale française CGT où il fera ses premières armes.
Né le 2 février 1914 à El Abassia, village côtier kerkennien situé dans le nord de l’archipel, Farhat Hached vivra sa prime jeunesse dans cette effervescence patriotique qui a suivi, en Tunisie, la Première Guerre mondiale. Il avait treize ans, lorsque paraît, sous la plume de Tahar Haddad, le livre: Les travailleurs tunisiens et l’émergence du mouvement syndical, témoignage historique sur le premier mouvement syndical indépendantiste fondé par M’Hamed Ali, ouvrage qui fut interdit de diffusion. Et il avait seize ans lorsqu’en 1930 paraissait le deuxième livre de Tahar Haddad : Notre femme dans la Chariaâ et la société. Enfin, à 20 ans, il verra se radicaliser le mouvement national par la fondation, à Ksar Helal, du Néo-Destour, quelque quatre ans après l’organisation, à Carthage, du Congrès eucharistique qui a vu l’église catholique agresser les Tunisiens musulmans par une démonstration de force que les patriotes qualifièrent de «neuvième croisade de la chrétienté en terre d’Islam».
Ahmed Khaled nous met dans l’ambiance de l’époque qui n’a pas manqué de polariser la société tunisienne. Douze mille jeunes Européens en tenue de croisés, écrit l’auteur, défilèrent sur un parcours de plusieurs kilomètres, à partir du stade Géo André (actuel Chédli Zouiten) en traversant Tunis et en passant sous des arcs de triomphe surmontés de la croix et de l’inscription «Par celle-là tu vaincras». Ils arrivèrent au sépulcre de Saint Louis à Carthage où des prêtres tenaient une messe en souvenir du Roi de France défunt (1214-1270) qui avait conduit, en Tunisie, une 8e Croisade destinée à contraindre le sultan hafside à embrasser la foi chrétienne.
Tout l’ouvrage est ainsi truffé d’événements de l’époque relatés dans l’esprit de rendre la narration vivante, de donner vie à la genèse du Hached que nous raconte l’histoire de Tunisie.
Dès 1936, à 22 ans, Farhat Hached intégrait le syndicat de l’entreprise où il travaillait depuis déjà 6 ans en qualité de secrétaire dactylographe, grâce à son certificat d’études primaires obtenu en 1929 avec la mention bien. Un syndicat de base dépendant de l’Union départementale de la CGT, la Tunisie étant assimilée à un département français. Et dès juillet de la même année, il participait à sa première grève dans cette Société tunisienne de transport automobile du Sahel (Sttas) où il travaillait, à Sousse.
A cette époque, Hached fit la connaissance d’Albert Bouzanquet (1897-1971), leader syndicaliste de la CGT qui avait été muté en France et qui, à la faveur du gouvernement du Front populaire, rentrait en Tunisie et prenait la tête de l’Union départementale. Le 16 janvier 1938, alors qu’il n’avait pas 24 ans, Farhat Hached est élu secrétaire général adjoint de l’Union locale CGT de Sousse, prend la parole lors du meeting du 1er mai, devient numéro un du syndicat de son entreprise… D’où une mutation disciplinaire camouflée en promotion: contrôleur dans la même société à Sfax. Ce qui n’arrêtera pas son militantisme, au contraire, sachant que ses écrits dans Tunis Socialiste commencent à lui conférer une autre dimension. De sorte que dès 1939 il accompagne le numéro un de la CGT en Tunisie (Bouzanquet) dans ses tournées dans le Sud du pays. Ce qui lui vaut d’être licencié, mais promu comme secrétaire permanent de l’Union départementale CGT, à Tunis.
Et pour Ahmed Khaled, il est clair que «c’était Albert Bouzanquet, le maître à penser, qui forma le disciple Farhat Hached à l’école du syndicalisme social-démocrate». Une formation que viendront consolider, dans les couloirs et dans les colonnes du journal Tunis Socialiste, des cerveaux de la SFIO en Tunisie, comme André Durand-Angliviel, Dr Cohen-Hadria, Eva Fichet ou Eve Nohelle, intellectuels socialistes engagés, à la plume alerte.
Malgré cet entourage, Farhat Hached ne sera pas tenté par la politique et n’adhérera ni à la SFIO ni au Destour. De même qu’il ne fut pas tenté par l’expérience de la seconde CGTT, fondée en 1936 par le militant syndicaliste Belgacem Gnaoui (la première ayant été celle de M’hamed Ali El Hammi), centrale qui sera dissoute en 1938. Farhat Hached jeune semblait ainsi adhérer pleinement à la ligne de la CGT, laquelle s’opposait à la création de syndicats proprement tunisiens qui «mettraient en cause l’Union des travailleurs». C’est ainsi qu’en 1943, Hached convaincra Messaoud Ali Saâd, qui avait fondé un syndicat tunisien autonome des cheminots de la Compagnie Sfax-Gafsa, de réintégrer la CGT.
Côtoyant d’éminents syndicalistes et hommes politiques de grande culture, aussi bien français que tunisiens, Farhat Hached allait acquérir, dès les années trente, une riche expérience hautement bénéfique pour la figure nationale qu’il allait être plus tard. De 1936 à 1944, il avait appris dans des circonstances historiques aussi délicates et diverses que le Front populaire, la montée du fascisme, la guerre mondiale, le règne de Moncef Bey et la victoire des Alliées, à connaître dans ses méandres les plus complexes et ses moindres replis, la vie syndicale et politique.
«Il avait appris, durant huit ans, à connaître un milieu syndical et politique bien structuré et cultivé, à compulser et à préparer des dossiers, à se frotter à des sommités dirigeantes», explique Ahmed Khaled.
Reste à savoir analyser les conditions dans lesquelles Farhat Hached a su négocier sa mutation vers un syndicalisme patriotique militant pour l’indépendance de la Tunisie, son pas décisif en direction de la fondation de l’Ugtt et de l’alliance stratégique avec le Néo-Destour, via la rupture d’avec la FSM suite à la débandade face aux communistes, de la liste de Bouzanquet lors du huitième congrès de l’Union départementale de la CGT, les 18 et 19 mars 1940.
Mais il ne s’agit pas ici de raconter le livre, tout le monde connaît l’épopée de Hached, dans ses grandes lignes en tout cas. Elle démarre sur un acte solennel, le 20 janvier 1946 : le congrès constitutif de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) auquel prirent part pas moins de 50 syndicats autonomes dont l’Union des syndicats autonomes du Sud, l’Union des syndicats autonomes du Nord et la Fédération des fonctionnaires, et à l’ouverture duquel Farhat Hached lançait un mot d’ordre historique «Réussir ou mourir pour la patrie».
Treize parties et vingt-sept chapitres en français, neuf volets en arabe, un nombre impressionnant de références, d’articles du défunt, de photos, de discours, de lettres et de témoignages, noyés dans une prose fruide et objective rendant les faits historiques accessibles et explicites, à la dimension du lecteur, ont réussi à mettre à notre portée ce monument historique qu’est Farhat Hached.
Malgré ce travail gigantesque, sans doute unique en son genre en Tunisie, et comme l’explique bien l’avant-propos, «l’auteur ne peut prétendre dominer toute l’œuvre si riche et si abondante de cette prestigieuse figure tunisienne contemporaine, ayant acquis une envergure internationale. Sa pensée profonde, ses écrits de haute tenue linguistique et stylistique, sa vaste connaissance des questions sociales et économiques, son étonnante finesse politique et ses réalisations méritent que leur soient consacrées plusieurs études et monographies.»
Un travail gigantesque qui a le mérite d’entrer dans les détails, d’étayer thèses et anti-thèses, de rapporter la multitude plurielle et plurale des options et courants tunisiens de l’époque, et de donner la parole à leurs représentants : notamment Nouri Boudali, Fadhel Ben Achour, Sliman Ben Sliman.
Un travail qui retrace et recoupe une histoire objective du mouvement national toujours en souffrance, qui en dresse la trame et en pose la première pierre. Comme cette masse de documents, de témoignages et d’hypothèses concernant l’assassinat de Farhat Hached, qui ne manqueront pas de titiller l’esprit critique et d’activer la soif de savoir des historiens et des chercheurs universitaires.
Biyouna à " Ness Nessma " | 04.07.2009
Festival national de Kébili Une édition particulière | 04.07.2009
Théâtre : " Le droit de réponse ", de Hamadi Mezzi | 04.07.2009
35ème Festival méditerranéen de la Goulette (17 juillet - 8 août) | 04.07.2009
Yasmine Hammamet Le tourisme fête la musique | 04.07.2009
Interview exclusive de Charles Aznavour à Assabah : | 04.07.2009
La Cartha’ Chinoise | 04.07.2009
Yasmine Azaïez, à ne pas perdre de vue | 04.07.2009
Mémoires andalouses (II) | 04.07.2009
Le Théâtre municipal de Tunis Un succès à la mesure des attentes | 04.07.2009
George Clooney quitte Warner Bros
George Clooney a largué Warner Bros, studio avec lequel, il collabore depuis presque 20... Lire la suite
Angelina Jolie mieux payée que Jennifer Aniston
Angelina Jolie est une nouvelle fois à l’honneur. La star américaine maman de... Lire la suite





























