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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Festival International du Film pour la Jeunesse et l'Enfance (FIFEJ) - Neïla Gharbi, membre du jury, Section Vidéo : - Un travail est sûrement à faire pour attirer le plus grand nombre d'enfants et de jeunes...-
Le Temps | Publié le 13.04.2009
Critique de cinéma au Quotidien le Renouveau, rédactrice en chef de la revue SeptiemArt, enseignante de cinéma à l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information (IPSI) et à l'Ecole Supérieure de l'Audiovisuel et du Cinéma (ESAC), Neïla Gharbi a été désignée, membre du jury, Section Vidéo à la dernière session du Festival International du Film pour la Jeunesse et l'Enfance qui vient d'avoir lieu à Sousse qui abritera aussi dans quelques jours, la 14ème session de la rencontre des créatrices arabes.Neïla Gharbi qui a suivi l'événement du FIFEJ de près, a bien voulu répondre à nos questions . Interview.
Le Temps : Est-ce la première fois que vous participez à un tel événement ? Si non, comment évaluez vous cette 8ème session par rapport aux précédentes ?
- J'ai suivi le FIFEJ depuis sa création. C'est une manifestation importante dans la mesure où elle est destinée aux enfants et aux jeunes. Elle leur permet non seulement de voir des films en provenance de différents pays du monde mais elle s'attache aussi , à les initier à l'image à travers des ateliers de productions, encadrés par des professionnels. La 8ème session a été, à ce titre, une belle réussite. En effet, les jeunes venus de divers pays se sont associés pour élaborer des projets de films et les mener à terme malgré le peu de temps. Les participants ont pu découvrir à l'issue de la cérémonie de clôture, une séance spéciale des films conçus durant la semaine. Cela a constitué une agréable surprise pour tous les festivaliers. Les ateliers de production constituent la spécificité du FIFEJ.
Pourriez- vous nous rappeler le palmarès dans toutes les sections?
- S'agissant de la Compétition cinéma des films pour l'enfance : Hadrumète d'or du long métrage a été décerné à « Handlebar moustache » du réalisateur iranien Javad Ardakali, l'Hadrumète d'or du court métrage à « Hunting » du réalisateur lettonien Janis Cimermanis et une Mention spéciale à « Mia et le Migou », long métrage du réalisateur français Rémi Girerd.
Pour ce qui est des films pour la jeunesse, l'Hadrumète d'or du long métrage a été attribué à « Finnish tango » de la réalisatrice allemande Buket Alakus, l'Hadrumète d'or du court métrage à « Lazhar » du réalisateur tunisien, Bahri Ben Yahmed et deux Mentions spéciales à « Amours voilés », long métrage du réalisateur marocain Aziz Salmi et « Les paradis perdus » court métrage du réalisateur français Hélier Cisterne.
Concernant la Compétition des films vidéo, l'Hadrumète d'or du long métrage est allé à « Un héros du Sinaï » de la réalisatrice égyptienne Zeineb Zemem, l'Hadrumète d'or du court métrage à « Racines », film de la réalisatrice turque, Eileen Hofer, quant à l' Hadrumète d'or du jeune talent, il a été accordé au court métrage, « Ciné siesta » de la réalisatrice tunisienne Alia Nakhli. Les Mentions spéciales ont été attribuées à deux films : « Un rêve éphémère » dessin animé de la réalisatrice syrienne Rym Ali Adib et « Le projet » du réalisateur tunisien Mohamed Ali Nahdi.
Votre tâche a-t-elle été facile en tant que membre du jury, Section Vidéo ?
- C'est une expérience exceptionnelle car elle m'a permis de visionner beaucoup de films et de les évaluer en prenant en considération leur aspect didactique, puisqu'ils s'adressent à un public d'enfants et de jeunes, mais aussi, la sensibilité et la subtilité avec laquelle les sujets ont été traités. La tâche a été facile d'une part parce que le nombre de films est assez limité et que d'autre part, il y a eu consensus avec les deux autres membres du jury sur les œuvres méritant un prix.
La session qui vient d'avoir lieu a réservé un hommage à Ahmed Bahaeddine Attia et un autre, au cinéma syrien ; pourriez -vous commenter davantage cet événement ?
-Le producteur Ahmed Bahaeddine Attia a toujours été un grand soutien pour le FIFEJ. Grâce à son charisme et à sa forte personnalité, il a contribué efficacement à sa promotion par des films de qualité mais aussi en lui donnant une visibilité dans les médias. A ce titre, l'hommage que le FIFEJ lui a rendu, est amplement mérité. Il s'agit d'une reconnaissance à l'égard de ce cinéaste qui a considérablement milité de son vivant pour faire évoluer le cinéma tunisien.
S'agissant de l'hommage au cinéma syrien, il est l'un des plus dynamiques dans le monde arabe. La production a fait un véritable bond en avant, tant au niveau de la quantité que de la qualité. De jeunes auteurs, soutenus par des sociétés de production, commencent à accorder de l'importance à la culture enfantine et à comprendre que les jeunes arabes ont besoin de se reconnaître dans des films qui parlent de leurs soucis et de leurs problèmes. C'est pourquoi, la 8e session du FIFEJ a voulu, par cet hommage, attirer l'attention sur ces efforts consentis par les cinéastes syriens à l'égard du public des jeunes et des enfants.
En quoi réside l'intérêt de consacrer tout un volet au festival de courts métrages de Clermont-Ferrand ?
-Clermont-Ferrand est considéré par les cinéphiles, les critiques et les professionnels internationaux comme la Mecque du court métrage. Son festival international est l'un des plus brillants avec une sélection de films des plus exigeantes. Il dispose d'un fonds de 700 films environ dont de nombreux s'adressent aux enfants et aux jeunes. La sélection d'œuvres proposées par Clermont-Ferrand au FIFEJ a permis de constater les avancées fulgurantes aussi bien sur le plan technologique que thématique. Ce sont des œuvres d'auteurs, différentes des Mangas japonais et des Disney hollywoodiens dont sont habitués nos jeunes. Le public de Sousse a beaucoup apprécié et bien réagi à ces films d'animation qui suscitent la réflexion et le débat.
Y a-t-il eu une affluence de public, et surtout de jeunes, d'autant plus que les activités culturelles à Sousse se comptent sur le bout des doigts ?
-Malheureusement, c'est là le seul couac de cette manifestation formidable. Hélas, pour certaines projections, le public s'est déplacé en petit nombre et pourtant, le prix du billet est symbolique. Un travail est sûrement à faire à ce niveau pour attirer le plus grand nombre d'enfants et de jeunes. La gratuité des projections est un sujet sur lequel le comité d'organisation doit y réfléchir. C'est dommage que tant d'efforts ne trouvent pas échos auprès du public. Il est temps de prendre en considération cet aspect vital du festival.
Il nous semble que le FIFEJ manque de médiatisation, pourquoi ?
- Vraisemblablement, le manque de médiatisation est dû au fait de la remise en question de sa tenue. La décision de son organisation a été prise assez tard selon les organisateurs et ce en raison du manque de moyens financiers. Jawhra FM, Canal 21 ainsi que les principaux journaux tunisiens et même étrangers comme Al Ahram, ont assuré la couverture de l'événement. Mais, il existe sans doute d'autres moyens médiatiques pour garantir davantage de visibilité à cette rencontre cinématographique.
Avez- vous des réserves à émettre concernant la manifestation d'une manière générale, lesquelles ?
- Plutôt que des réserves, je dirais que j'ai un avis qui consiste à un rééquilibrage de la manifestation. Autrement dit, faire en sorte que les participants aux ateliers de production puissent également avoir la possibilité d'assister également aux projections lesquelles contribuent à leur formation. Car c'est, tout d'abord, par le regard que l'apprentissage se fait et que les idées de création s'élaborent. Ainsi, ces participants pourront booster les salles qui sont à moitié vides.
Cependant, je saisis cette occasion pour rendre hommage aux organisateurs qui ont réalisé un travail impeccable en mettant à la disposition des participants, tous les moyens disponibles pour accomplir leurs activités et rendre leur séjour des plus agréables.
Vous participez assidûment au Festival de Cannes, qu'est-ce qui fait la différence de ce festival par rapport aux autres manifestations cinématographiques ?
- Pour un critique de cinéma et de surcroît enseignant universitaire, le festival de Cannes représente une vitrine attrayante de ce qui se produit le mieux sur le plan cinématographique dans le monde. Avec la quantité impressionnante de films et la présence de leurs réalisateurs on n'a que l'embarras du choix. C'est à Cannes qu'on peut se rendre compte des orientations et des nouvelles tendances et des choix d'avenir. Manquer ce rendez-vous, c'est un peu être en décalage par rapport à l'actualité cinématographique.
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