Inscrivez-vous et recevez régulièrment la Jetset newsletter :
FermerLoadingEnvoyer cet article à un ami
Votre message a bien été transmis.
Jetset Magazine vous remercie de votre fidélité.
Problème lors de l'envoi
Nous nous excusons, réessayez plus tard.
FermerLoadingRéagir à cet article
Votre commentaire a été envoyé
Votre commentaire a été envoyé à notre équipe de modération, il sera publié après sa validation.

Nous nous réservons le droit de le modérer s'il ne respectait pas notre charte.
Problème lors de l'envoi
Nous nous excusons, réessayez plus tard.
FermerCollez le code ci-dessous dans votre page Web :

La mémoire « écarlate » Si Mahmoud Bourguiba nous était conté

Le Temps | Publié le 21.02.2008

Mahmoud Bourguiba Son fils aîné révèle, en exclusivité, les facettes d’un poète prolifique, d’un père chouchoutant ses enfants, de ses manies, de ses rites et ses superstitions… Dans la mesure où ce qui fonde la spécificité, et la richesse de notre identité culturelle, c’est justement ce que ces grands hommes nous ont légué, il est de notre devoir de ne pas avoir la mémoire courte, d’être reconnaissants pour tous ces précieux acquis qui constituent notre patrimoine, et que l’on doit préserver contre l’oubli, envers et contre tout.

Jalel Bourguiba, fils aîné du poète, s’est exprimé sur la question et sur d’autres encore, au nom de tous les siens…
Le Temps : Mahmoud Bourguiba, le poète, était votre père. Quels souvenirs gardez- vous de lui ?

-Jalel Bourguiba : J’étais son fils aîné et je garde, effectivement, beaucoup de souvenirs. J’avais dix-neuf ans quand il nous a quitté, et j’aurais aimé le garder encore plus, mais c’est ainsi. Mon père m’a beaucoup choyé, car il adorait les enfants, et était un très bon père de famille. Plus tard, mon frère a pris la relève, quand moi je suis devenu un peu plus grand. En fait, mon père était aussi poète dans sa manière d’être. Ma mère était plutôt autoritaire, mais mon père avait une bonne nature, et il adorait ses enfants. De ce fait, il se mettait rarement en colère, et quand ça lui arrivait, ça ne durait jamais longtemps. Plus tard, vers la fin de sa courte vie, son grand ami Béchir Farhat qui travaillait avec lui à l’ERTT, nous confiera également que mon père était tellement transparent dans ses rapports avec les gens, qu’il ne pouvait s’empêcher de l’afficher sur son visage, s’il était blessé ou en colère, de sorte que tous ceux qui l’approchaient se sentaient en confiance à son contact.

*Votre père est mort en 1956, à l’âge de 47ans, dans des circonstances assez tragiques…
Il est vrai que ça a dû être très dur ; mais je voudrais cependant corriger quelque chose, par devoir de mémoire envers mon père. En 1938, Othman Kaâk a demandé à mon père de travailler avec lui, pour la mise en place du bureau arabe de la Radio tunisienne. Mon père s’est donné corps et âme à cette nouvelle tâche, en se reconvertissant en animateur radiophonique, auteur d’émissions littéraires et critiques, écrivant aussi des pièces pour enfants, bref, apportant sa contribution à ce travail d’édification d’une structure sensible du pays. Quelqu’un d’autre succéda à Kaâk, et ensuite, avec l’indépendance du pays, la direction de l’ERTT étant devenue tunisienne, mon père fût « remercié », comme tout le monde d’ailleurs, sous prétexte qu’il avait travaillé sous la tutelle d’un colon. Mais j’insiste sur le fait que c’était une mesure qui visait tout le monde, sans restriction. Sauf que la nouvelle direction de l’ERTT fût remerciée à son tour, parce que le président Bourguiba avait vu que les choses déclinaient considérablement, et a nommé Abdelaâziz Laroui, en remplacement. Ce dernier a entrepris de (re)cruter petit à petit, tout le staff congédié, et a demandé à mon père de se préparer pour reprendre ses anciennes fonctions. Malheureusement, une crise d’urée a emporté mon père en une semaine, et il était donc trop tard pour entreprendre quoique ce soit…

*Il paraît que Mahmoud Bourguiba est tombé dans la rue, sous les Arcades plus exactement, parce qu’il avait eu le cœur brisé par cette injustice…
-C’est ce que raconte Moncef Charfeddine notamment ; mais mon père est mort dans son lit, entouré de tous les siens. Ce qui est étrange, c’est que l’épouse de M.Charfeddine, qui est une cousine, était avec nous à la maison quand ça s’est passé. Et, je trouve dommage qu’on n’ait de cesse de reconduire cette erreur, alors qu’il est facile de vérifier auprès de ses enfants. Mon père a laissé trois garçons et trois filles, alors je trouve surprenant que personne n’ait cherché tout simplement à nous contacter, pour vérifier. Cela nous blesse au cœur à chaque fois.

*C’est l’occasion ou jamais d’en savoir plus sur Mahmoud Bourguiba : est-il né à Jerba, à Sidi-Bou Said, à Tunis ? Car il existe plusieurs versions sur ses origines…
-Les anciens nous ont appris que la famille Bourguiba, qui serait une seule famille à l’origine, était originaire de la Turquie. L’Empire Ottoman avait implanté des familles, à Jerba, Tripoli, Tourbet El Bey (Tunis), et nous en passons. Le grand-père de mon père était spécialiste des carrosses d’or des Beys. Il était établi à Tourbet El Bey. C’est là que mon père est né. Il y a fréquenté le Koutab et ensuite, la prestigieuse Ezzeitouna, et puis la khaldounia quelques temps, pour apprendre le français. Mais, je me souviens qu’entre 1940 et 1950, nous avions habité Hammam-Lif. Nous devions y rester un mois, mais mon père a tellement aimé cet endroit qu’on y est donc resté dix ans, avant de revenir à Tourbet El Bey.

*Avez –vous en souvenir, des fréquentations préférées de votre père alors ?
-Il fréquentait beaucoup de poètes, et à cette époque, c’était surtout Jaleleddine Naccache, Lârbi Kabadi, Ahmed Kheireddine…, en fait, tous ses compagnons de « Taht Essour » et ses collègues de la plume qu’il aura connu toutes ces années où il aura eu à s’occuper des pages littéraires de plusieurs journaux, dont je citerais : « Ezzohra », « Ennahdha », « Al Wazir »…
C’était une époque d’effervescence créatrice. Et, je me souviens à titre d’anecdote, que Jaleleddine Naccache et Sadok Thraya avaient enfermé mon père dans les lieux d’aisance, et avaient exigé qu’il déclame très vite 200 vers, s’il voulait rattraper le dernier train de minuit, pour rentrer chez lui à Hammam-Lif. Il paraît que pour mon père, ça a été un jeu d’enfant.

*Justement, comment écrivait votre père ? Est-ce qu’il avait des manies, des rites ?
-C’était un gros travailleur, mon père ; mais il n’était pas matinal. Il écrivait tard dans la journée, et surtout le soir. Il le raconte d’ailleurs dans les mémoires qu’il nous a laissées, qu’il dormait rarement avant minuit, été comme hiver ; et qu’il lui arrivait de travailler jusqu’à quatre à cinq heures du matin, sans se lasser. Il est vrai qu’il ne pouvait vivre sans écrire, mais également sans lire. Il avait toujours un livre à portée de la main. Et, il lisait surtout dans son lit, jusqu’à ce qu’il soit emporté par le sommeil.
Quand il avait un poème, ou une chanson en gestation, il appelait souvent ma mère pour qu’elle lui prépare sa table, dans la chambre à coucher, et il s’enfermait pendant deux heures, installé sur son lit, avec un coussin sur les genoux, et il travaillait d’arrache -pied jusque ce qu’il soit satisfait de sa trouvaille. Il m’appelait parfois, pendant ces longues séances, pour m’apprendre les règles de la poésie classique, mais je le suppliais de me libérer parce qu’à quatorze ans, on veut pouvoir s’amuser dehors avec les copains. Alors, il appelait parfois mon frère.
En fait, il aimait transmettre ce que lui avait appris, et en ce sens, il a aidé beaucoup de jeunes poètes ; dont M’naoeur Smadeh, notamment. Et il était exigeant mais ouvert à tous les genres. Par exemple, il a traduit des poésies de Verlaine, et d’un autre poète français dont j’ai oublié le nom. Il a aussi traduit le « Barbier de Séville » parce qu’il adorait cette pièce.
Bref, il était fécond, très fécond ; et à chaque concours de joutes poétiques, il l’emportait haut la main. Et puis, pour les chansons, il démarrait au quart du tour, car mon père était très passionné et adorait la beauté sous toutes ses formes. C’était un bon mari, plein d’égards pour sa femme, mais il n’en faisait qu’à sa tête.

*Comment se fait-il que toutes les œuvres de votre père n’aient pas été éditées jusqu’à ce jour ?
-Vous savez, il nous tient à cœur que cela se fasse le plus tôt possible, avant que ces œuvres, documents inédits, et photos, jamais publiés, ne soient complètement érodés par le temps, et perdus à jamais… Il est vrai que le ministère de la culture vient de sortir un livre sur la vie et l’œuvre de Mahmoud Bourguiba, signé par Habib Ben Fdhila, mais ce n’est pas suffisant. Car il y a encore des recueils inédits, dont deux que l’on compte hélas pour perdus, puisqu’à deux reprises, (je suis ingénieur de son à l’ERTT), on me les avait demandés pour la préparation d’une émission-hommage à mon père. Je ne les ai jamais revu. Ils auraient disparu comme par enchantement.
Heureusement que la plupart de ses poèmes ont été publiés dans les divers journaux auxquels il a collaboré, et ils sont disponibles à la bibliothèque nationale. Mais, il reste « Diwan Fadhila », un cahier avec des poésies, des chansons et des photos inédites, sur la vie de Fadhila Khetmi ; « Diwan El Wassila » sur Wassila Sabri et Aziza Naïm, également avec des photos inédites ; sans compter deux autres recueils, des documents d’époque, inédits, et quelque 700 chansons, enregistrées à l’ERTT.
Tout cela pour vous dire l’importance du legs poétique de mon père, dont on attend qu’il fasse l’objet d’une édition complète de la part des instances culturelles de tutelle.
Car, à mon humble avis, pour les générations qui viendront après nous, et qui ne sauront pas que les chansons de Sadok Thraya, Hédi Jouini, Ali Riahi, Saliha, Oulaya, Naâma, Fethia Khaïri, et nous en oublions et des meilleurs, lesquelles chansons sont effectivement éternelles, c’est à Mahmoud Bourguiba que nous les devons. Et qu’il fût ce poète merveilleux et prodige, qui nous a quitté un peu trop tôt à notre gré…
Michael Douglas 'Les cigarettes et l'alcool à l'origine de mon cancer'

Michael Douglas 'Les cigarettes et l'alcool à l'origine de mon cancer'

Michael Douglas a tenu à parler de son combat lors d'une interview accordée à... Lire la suite

Kate Moss : le mannequin et la marque de vêtements stoppent leur collaboration

Kate Moss : le mannequin et la marque de vêtements stoppent leur collaboration

Le travail de styliste chez Top Shop? C'est la fin d'une histoire pour Kate... Lire la suite

photo soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soireephoto soiree
Jetset Mag
Soirées
Sorties
Culture
Potins et news
Jetset Guide
Powered by SAME TEAM Valide XHTML 1.0