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Soirée à la Bibliothèque nationale Traduction et traducteurs en Tunisie du XIXe siècle à nos jours

La Presse | Publié le 12.09.2008

Parce que les traducteurs sont les médiateurs par excellence entre les cultures, nous devons fatalement veiller à renforcer les assises de la traduction, un exercice parfois périlleux, mais toujours porteur de la transcendance, une notion pas tout à fait étrangère à nos écrivains.
A l’initiative du Centre national de traduction et en collaboration avec la Bibliothèque nationale et les Archives nationales de Tunisie et sous l’égide du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, l’espace de la BN a vécu mercredi dernier un événement culturel de grande portée intellectuelle.

La soirée qui devait réunir une brillante assemblée d’hommes de lettres, de science et de pensée se tenait dans le cadre de l’année nationale de la traduction et avait pour thème: «Traduction et traducteurs tunisiens du XIXe siècle à nos jours». En introduction à la soirée, a eu lieu l’inauguration de l’exposition relatant par l’image, la photo, les documents d’archives et les livres l’histoire de la traduction en Tunisie. Une exposition qui a permis au public de faire connaissance avec un large pan de la mémoire tunisienne en matière d’ouvrages traduits en langue française par une élite d’intellectuels tunisiens du XIXe siècle.

A ce titre, il faut mentionner la contribution de M’hamed Lasram (1866-1925) qui s’est chargé de traduire en français une œuvre d’envergure Al Machraâ maliki (le rite malékite) de Mohamed Sghir Ben Youssef de Béja (1705-1771). D’autres traducteurs ont marqué de leur empreinte cette époque transitoire précédant ou succédant à la perte de la souveraineté nationale. Ils ont pour noms : Béchir Sfar, Mohamed Saïd Khalsi, Ahmed Sakka, Soliman Jaziri, M’hamed Belkhodja, Khéreddine Pacha, général Husseïn, Hassan Husni Abdelwahab et Hassouna Mourali, un brillant polyglotte qui parlait à la perfection l’italien, l’anglais, le russe, outre le français, l’arabe et le turc. A ce propos, un jour de 1848 alors qu’il était reçu en audience par le roi Louis Philippe I, à titre d’ambassadeur, le roi s’est exclamé, admiratif : «Mais vous vous exprimez en anglais mieux qu’un sujet britannique !» (sic).

La traduction, pierre angulaire de la soirée
En tant qu’hôte des lieux, Mme Samia Kammarti, directrice de la BN, a ouvert la séance en introduisant les invités de marque. Elle a également évoqué les activités de l’institution dont elle a la charge. Rien que pour l’année en cours, la BN, une merveilleuse réalisation de l’Ere nouvelle, dotée des derniers perfectionnements de la technologie moderne, a organisé pas moins de 21 conférences et onze expositions. Après les interventions des directeurs des Archives nationales et du Centre national de la traduction, M. Abderraouf Basti, ministre de la Culture, a pris la parole pour souligner l’importance du rôle de la traduction dans le domaine culturel. Il s’agit «d’une activité indispensable à l’échange entre les cultures et les sociétés aussi différentes qu’elle soient. Aucun pays ne peut s’en passer sans s’isoler et se mettre à l’écart des autres», devait-il préciser.
A l’issue de l’intervention du ministre de la Culture, on a procédé à l’ouverture de la séance scientifique placée sous la présidence du professeur Mohamed Kameleddine Gahha. Le professeur Fathi Gasmi de l’université Tunis - El Manar a parlé de la traduction en Tunisie du XIXe au XXe siècle. Le professeur Abderrazak Halioui de Beït Al Hikma a évoqué la traduction de la fin du XXe siècle à nos jours. En dernier, le professeur Mohamed Yaâlaoui a étudié le cas d’un traducteur contemporain, Hamadi Sahli.

Il en ressort des débats qui ont suivi les interventions une vive recommandation pour former de bons traducteurs et créer des pépinières à cet effet car les traducteurs sont les médiateurs par excellence entre les cultures.

La soirée a pris fin avec la cérémonie de l’hommage rendu à trois traducteurs : le regretté Hamadi Sahli, Abderrazak Halioui et Souad Triki.
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