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Hôtels tunisiens : acceptez d’être volé, sinon partez !

Méli Melo de pensées | Publié le 31.05.2011

La chaleur et la magie du soleil tunisien sont enfin revenues, la mer est magnifique, le ciel est bleu et l’envie d’aller se prélasser au bord de la mer ou d’une piscine est devenue irrésistible, surtout après tous les malheurs et le climat pesant qui nous entourent depuis le début de cette année.

Suite à cette brève et plaisante réflexion, nous avons décidé avec deux autres amis d’aller nous changer les idées et de profiter de ce que nous offre notre pays : infrastructures et services, surtout après un mois de mai catastrophique et un mois de juin qui s’annonce très mal. Pas de touristes, donc pas de devises, commerces et hôtels qui roulent sur la jante et qui se plaignent à tout bout de champ de ce vide qui touche tous les secteurs. On n’a pas arrêté de nous encourager à consommer tunisien, alors on s’est dit qu’on pouvait allier l’utile à l’agréable.

Nous avons pris la route pour Hammamet, direction hôtel Hasdrubal, où en l’occurrence nous avions été très bien accueillis deux semaines auparavant. Arrivés à Hammamet, nous avons eu l’impression de nous balader dans une ville fantôme : quelques commerces étaient ouverts mais pas un chat dans des rues qui étaient supposées être bondées à cette période de l’année. Nous avons tous eu un pincement au cœur en voyant de nos propres yeux que le tourisme était au plus mal. Nous avons poursuivi notre chemin et, à ma grande surprise, la porte extérieure de l’hôtel était fermée. Un gardien nous a demandé ce que nous étions venus faire… Nous avons répondu que nous allions déjeuner et vu la météo, l’horaire et nos tenues de plage, il était supposé déduire que nous allions aussi nous baigner.

On passe la réception, on traverse un hôtel désert, personne à l’horizon sauf deux ou trois touristes venus dépenser le peu qui leur restait de leur retraite. On arrive enfin à la piscine entourée d’un calme et d’un silence assourdissant, on choisit une place au soleil, et on se met à attendre quelqu’un pour nous installer. Mais bizarrement, la personne qui courait la dernière fois ne vient pas : il nous regarde de loin et ne bouge pas. Nous attendons encore, puis nous entamons l’exercice du bras levé. Nous sommes tous les trois à la recherche d’un être humain susceptible de nous aider. Après quelques regards d’étonnement et un quasi coup de soleil façon maçon, quelqu’un arrive enfin, nous commandons à boire et nous demandons des serviettes et des matelas pour les transats. Le bonhomme s’en va, met un long moment à revenir serviettes dans les bras, mais il se fait arrêter dans son élan par le serveur du bar qui lui dit quelque chose. Nous observons la scène sans comprendre réellement ce qui se passe. Le monsieur dépose les serviettes quelque part et vient vers nous les mains vides pour nous informer que nous devons aller déjeuner au resto qui est juste à côté de la piscine. Nous répondons que nous allons déjeuner plus tard, quand nous aurons faim ! Rien n’y fait, il reste planté là et ne veut en aucun cas nous laisser nous installer. Il nous suggère d’aller discuter avec la réceptionniste qui lui a ordonné de nous faire dégager si nous ne mangions pas tout de suite.

Je n’y crois pas vraiment. Nous pensons qu’il n’a pas bien compris et décidons de repartir vers la réception, de se retaper tous les couloirs et escaliers qui nous séparent de la personne instigatrice de cette idée de génie : « nous obliger à manger tout de suite ».

Arrivés enfin dans le hall de l’hôtel, nous nous dirigeons vers la réception où se tiennent deux jeunes femmes au regard dédaigneux et à l’aisance, l’élégance et l’enthousiasme d’un pot de basilic défraîchi. On s’avance sans grande conviction et on demande gentiment ce qui se passe. A la seconde où la dame ouvre la bouche, je comprends que j’assiste à une aberration : elle nous répond dans un français cassé et avec une nonchalance légendaire que nous ne pouvons pas rester au bord de la piscine, nous avons dit au gardien que nous allions déjeuner donc nous pouvions manger, oui, mais nous devions repartir juste après car la piscine est réservée aux clients de l’hôtel. Mais de quels clients parle-t-elle ? Il n’y a personne !

Nous faisons quand même l’effort de lui expliquer que nous allions déjeuner après, mais elle reste intraitable en nous répétant les mêmes mots, on ne peut plus agaçants : « C’est le règlement ! ». Elle nous souhaite la bienvenue et nous laisse rester à condition que nous payions 70 DT par personne de droit d’entrée, rien que pour poser notre derrière sur un transat - 210 DT pour rien, pas même une consommation, rien de rien !!

Mais est-ce que vous vous rendez compte ?! Déjà, le fait de payer une somme pareille pour rien, nada, que dalle m’a complètement choquée. J’aurais peut-être pu comprendre si l’hôtel était plein, mais là, c’était inacceptable. Un hôtel désert qui se permet de faire la fine bouche, le grand Hasdrubal de Hammamet qui préfère rester vide, payer des salaires à des gens qui ne foutent rien de la journée et obliger les clients passagers à payer une somme faramineuse pour être sûr d’avoir quelques sous dans la caisse, c’est tout de même gros même, pour le plus idiot des pigeons.

Mais c’est bel et bien la réalité des choses. La piscine est considérée comme un point de vente, donc le fait d’y accéder donne à l’hôtelier le droit de vous demander de payer pour le confort qu’il vous donne, même si vous consommez tout ce qu’il y a dans l’hôtel, cela ne fait aucune différence : il préfère vous plumer à l’avance. Ils n’ont pas réfléchi une seconde à l’éventualité de gagner de l’argent autrement, à la sueur de leur front par exemple, en vous servant et en vous donnant l’impression que vous en avez pour votre argent.

On aurait peut-être accepté s’il y avait ne serait-ce qu’une consommation offerte dans ce ticket, c’est ce qui se fait même dans les plus grands hôtels, mais non : soit vous vous pliez à cette stupide règle qui paraît encore plus stupide dans un hôtel vide, soit vous prenez vos bagages et vous déguerpissez illico presto.

Je connais bien le tourisme, j’y ai travaillé assez longtemps pour savoir que le Tunisien a toujours été viré pour son comportement quelque peu dévastateur, mais pas tous, pas n’importe qui, et surtout pas les trois seuls clients venus passer tranquillement un après-midi, manger, boire et peut-être piquer une tête dans l’énorme piscine vide et triste à mourir.

Nous sommes tombés des nues. Nous étions dans cette Tunisie post révolutionnaire, au cœur du secteur le plus touché et nous avons été remerciés pour avoir refusé d’être arnaqués. Là, j’ai compris pourquoi nous allions droit dans le mur. L’ONTT, le ministère du Tourisme et les budgets faramineux alloués pour promouvoir la Tunisie ne peuvent pas venir à bout d’un système archaïque basé sur l’écartement et l’escroquerie du Tunisien dans son propre pays. Le citoyen tunisien n’a le droit de profiter des loisirs que s’il accepte « le règlement » extravagant et irresponsable de ces soi-disant hôteliers assoiffés d’argent facile qui pensent qu’idolâtrer le touriste venu pour à peine 250 euros la semaine vol compris, c’est mieux qu’améliorer ses services et bien traiter le Tunisien qui sera seul capable de sauver la saison estivale.

Nous avons naturellement refusé et nous sommes partis ailleurs, au Sindbad, un autre hôtel 5 étoiles qui, lui, sait travailler : vous y êtes bien accueilli, on ne vous demande pas de droit d’entrée ou autres niaiseries et vous êtes servi par un serveur en tenue qui n’hésite pas à descendre dans le sable pour vous demander si tout va bien chaque fois que vous le regardez.

Pour réussir dans la vie, il faut savoir faire les choses comme il se doit, s’adapter aux situations et prendre en compte la conjoncture actuelle. Celui qui n’est pas capable de faire cela ne devrait avoir aucune responsabilité d’aucune sorte, au risque de saboter tout ce qu’il touche, soyez-en certain !

A bon entendeur…


N.Azouz

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