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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Interview avec Pascale Machaalani
Interviews | Publié le 18.02.2008
Jet Set : Nous aimerions savoir comment vous est venu votre amour pour la musique et comment vous avez découvert ce don ?
Quand j'étais à l'école, je chantais souvent pendant les spectacles de fin d'année, jusqu'à l'âge de 15 ans où j'ai été nommée reine de beauté de Zahlé puis reine de beauté de l'indépendance, et en montant sur scène, je prenais tout de suite le micro et je chantais. Jusqu'au jour où le grand poète Tawfik Barakat a remarqué ma voix et m'a proposé une chanson ; je n'avais que 16 ans. Il m'a présenté plusieurs poètes et musiciens avec lesquels j'ai commencé à entraîner ma voix et à faire des vocalises… et tout ça à l'insu de mes parents ! À cette époque-là, ils ne voulaient pas que je chante.
À 17 ans, j'ai annoncé à mes parents que je voulais chanter. Ils ont catégoriquement refusé et m’ont punie : je n’ai plus eu le droit de quitter la maison pendant deux mois. Puis ils ont fini par comprendre que c'était mon rêve et la seule chose que je voulais faire. J'ai enfin commencé mon parcours artistique professionnel avec ma mère à mes côtés : elle s'occupait de mes affaires et me suivait partout.
En 1989 je suis montée sur la scène de Carthage pour chanter et représenter le "jour libanais" avec plusieurs artistes. Un an plus tard, j'ai sorti mon premier album ("Sahar Sahar") composé par Jamal Karam et Abdelrahman El Abnoudi. J'ai commencé à être connue en Tunisie et en Libye par ma chanson "Wa'afa lennesyan". A cette époque, il y avait la guerre au Liban et je n'ai pas pu sortir mon album dans mon pays natal. En 1992, j'ai sorti mon deuxième album, "Nazrat ayounak", et à partir de là, le succès a vraiment commencé un peu partout dans le monde arabe et international.
Jet Set : Comment choisissez-vous vos chansons ?
Je suis à l'écoute de tout ce qu'on me propose, mais je choisis selon mon timbre de voix, selon aussi les émotions que me procure une chanson. Je prends aussi l'avis de mon cher compositeur, Melhem Abou Chédid, qui a composé entre autres "Am Byemda"… Ça fait 10 ans qu'il m'accompagne dans mon parcours ; il possède le Studio de l'orient et m'aide beaucoup dans le choix de mes chansons.
J'essaie toujours de diversifier un album, de chanter plusieurs styles différents : classique, dansant, rythmé, coloré, patriotique… Mais la chose essentielle à laquelle je fais très attention, c'est les paroles ; la musique fait la continuité.
Jet Set : Vous écrivez ou composez des chansons ?
Non, mais j'essaie toujours de donner une touche personnelle, des idées, des suggestions concernant la voie que j'aimerais suivre tout au long de l'album.
Jet Set : Avez-vous vécu quelques situations que vous avez chantées ?
Oui, bien sûr. "Akhed akli" raconte une situation que j'ai vraiment vécue, "Am by emda lwa'et" et "Ana lama choftak ya habibi" aussi.
Jet Set : Vous êtes en Tunisie pour le concert donné à l'occasion de la Saint-Valentin. Racontez-nous votre rapport avec l'amour, comment le vivez-vous ?
L'amour est un sentiment que je vis en ce moment. Il y a du bon et du mauvais, comme dans toute relation amoureuse, mais c'est ce qui fait aussi son charme. Il faut que la relation soit colorée, faite de petites disputes, de réconciliations, de concessions... Je ne tombe pas amoureuse facilement, je suis plutôt lente à aimer, mais quand j’aime, ça dure dans le temps.
Je suis une personne vraie, authentique, quand je tombe amoureuse, mais je ne révèle pas tout de suite mes sentiments. Une fois que c’est fait, je deviens folle amoureuse et je m'y dévoue totalement.
Jet Set : Nous allons parler d'un autre type d'amour, votre amour pour votre patrie. Que pensez-vous de ce qui se passe au Liban, et quelle est selon vous la solution à ces conflits qui durent depuis des années ?
Je suis née pendant la guerre et j'ai vécu plusieurs sortes de guerre : civile, économique, sociale, religieuse...
Dès que le Liban commence à se remettre sur pieds, tout le monde s'y intéresse et toutes les communautés, qu’elles soient arabes ou étrangères, s'y précipitent et y trouvent un endroit paradisiaque avec son melting-pot, ses montagnes enneigées, ses plages de sable fin, ses habitants très ouverts et amoureux de la vie. A mon avis, ça énerve un peu la communauté internationale, pour laquelle un pays arabe ne doit pas devenir un pays dans lequel la paix puisse régner entre toutes les religions et les races. L'idée que cette paix soit possible aussi dans le monde représente un réel danger pour eux.
On est vraiment dans une situation inquiétante, on ne se sent plus en sécurité, on a toujours peur d'une voiture piégée ou d'une bombe qui explose quelque part. Mais malgré tout, le peuple libanais continue de vivre, et on constate que de cette situation négative naissent des choses positives : la vie culturelle s'enrichit de jour en jour, que ce soit dans la mode, la chanson, le théâtre, la littérature… Mais il est vrai aussi que cette situation commence à nous fatiguer. Il faut qu'on se réunisse et qu'on trouve un terrain d'entente, ça ne peut pas continuer.
Jet Set : Vous avez toujours la force de chanter, comment faites-vous pour dépasser tout cela ?
Je suis très éprouvée et triste par la situation de mon pays, mais je crois qu'il ne faut pas le montrer, qu'il faut continuer à chanter pour égayer les esprits et les encourager à continuer à se battre.
Jet Set : Comment est votre rapport avec le public tunisien ?
C'est une grande histoire d'amour et plus encore, elle fait des envieux.
Depuis la première fois que je suis montée sur la scène de Carthage à 17 ans jusqu'à ce jour, il n'y a pas eu une fête, un festival ou une manifestation où le public n'était pas très nombreux. Ils me suivent même quand je suis au Maroc, en Égypte ou au Liban. Le public tunisien est très sélectif, il aime les belles voix, il reconnaît l'honnêteté de l'artiste et le récompense pour ça. La Tunisie et la Libye sont les premiers pays qui ont fait briller mon nom.
Jet Set : Quels sont vos projets ?
Je vais prochainement tourner deux clips, "Ana lamma chhoftak" et "Ah ya layali", qui font partie de mon dernier album "Akhed Akli".
Je travaille aussi avec un chanteur libanais sur un duo qui sortira probablement cet été, mais je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, c'est encore en phase de préparation. Ce sera une chanson d'amour gorgée d'émotions, nous sommes juste en train de chercher la personne qui irait bien vocalement et physiquement.
Propos recueillis par Neïla Azouz
Le bonheur parfait selon vous ?
La satisfaction .
Où et à quel moment vous sentez-vous la plus heureuse ?
Quand je suis amoureuse, quand je réussis dans mon travail, quand mon pays est en paix, et quand j'achète une chose que j'aime.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Lors de la dernière explosion qui a eu lieu au Liban et qui a causé la mort de plusieurs jeunes ambitieux ayant toute la vie devant eux.
Votre dernier fou rire ?
Avec mon compositeur Melhem Abou Chedid.
Le principal trait de votre caractère ?
Nerveuse, sincère, intelligente et facile à vivre.
Celui dont vous êtes le moins fier ?
Je m'ennuie vite, je suis trop sensible, et un peu pessimiste.
La qualité que vous préférez chez un homme ?
Sympathique, intelligent, généreux, gentleman, chic.
La qualité que vous préférez chez une femme ?
Intelligente, charmante, charismatique, spontanée.
Votre plus grande peur ?
Les bombes et la guerre.
Que possédez-vous de plus cher ?
Ma famille, mon art, mon pays et les enfants que j’aurai.
Que détestez-vous par-dessus tout ?
La superficialité, l'égoïsme et l'avarice.
Qu'appréciez-vous le plus chez vos amis ?
Leur honnêteté, leur présence.
Le pays où vous aimeriez vivre ?
Au Liban, mon pays, en Egypte, parce que c'est la rencontre de plusieurs cultures arabes, et en Tunisie, parce qu’elle est très proche des libanais.
Quel est le comble de la misère pour vous ?
La pauvreté de l'esprit.
Quel est le comble de la bêtise ?
L'égoïsme.
Votre devise ?
Moi, je veux et toi, tu veux, mais c'est le Bon Dieu qui décide. Ou souris et la vie te sourira.
Si vous étiez un sens ?
La vue et l'odorat.
Si vous étiez une chanson ?
Saat Saat de Sabah.
Si vous étiez un endroit ?
Les montagnes du Liban.
Si vous étiez un film ?
Cendrillon
Si vous étiez un mot ?
Amour
Le bruit ou le son que vous détestez ?
Les explosions et les cris qui s'entendent juste après.
À quoi avez-vous renoncé pour faire votre métier ?
Peut-être que j'ai un peu mis ma vie privée de côté, car partir souvent en voyage et travailler beaucoup peuvent ne pas plaire à la personne qui vous accompagne dans la vie.
Vous êtes amoureuse ?
Oui, totalement.
Que faites-vous de votre argent ?
J’en dépense pas mal dans de belles choses, j’en donne à ma famille et j'en mets un peu de côté aussi pour pouvoir toujours faire ce que j'aime dans la vie.
Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
J'adore les surprises, les fleurs, le chocolat, les poupées. J'aime les cadeaux en général, peu importe ce qu'il y a dans le paquet.
Qu'avez-vous été capable de faire par amour ?
Je ne l'ai pas encore fait, mais je vais le faire : me marier sans trop y penser, suivre mon cœur sans compter ni me prendre la tête.
Votre dernière bêtise ?
J'ai accordé une confiance aveugle à quelqu'un qui s'est avéré indigne de cette confiance. Il a donné deux images complètement différentes et je m’en suis voulu de ne pas avoir compris plus tôt et d'avoir perdu mon temps. C'est lui qui a perdu, pas moi.
Votre dernière pensée de la journée ?
Si j'ai à faire le lendemain, j'y pense, sinon je pense à la journée que j'ai passée ou je rêve de ce que j'aimerais avoir.
Le mot que vous détestez ?
Les insultes et les mots vulgaires.
Le métier que vous auriez pu faire à part le vôtre ?
Peintre ou designer.
Qu'avez-vous réussi le mieux dans votre vie ?
Mon art, l'amour des gens qui me suit depuis 17 ans.
Quelles sont les trois choses que vous emporteriez sur une île déserte ?
La Bible, une feuille et un crayon pour écrire mes mémoires, et une télé.
Si vous aviez le pouvoir de faire réincarner 4 personnages historiques et les inviter à dîner, qui seraient-ils ?
El Hariri, Jean Paul II, Om Kalthoum, Ellissar.
Quel défaut doit avoir un homme pour vous plaire ?
Qu'il soit un peu menteur, des petits mensonges qui ne nuisent pas à la relation m'amusent (rire).
Quelle est la meilleure chanson que vous ayez jamais entendue ?
Alf Lila w Lila de Om Kalthoum., La vie rose et Biktob Ismak Ya Habibi de Fayrouz.
Quelle est la pire chanson que vous ayez jamais écoutée ?
Il y en a beaucoup, du genre qui me laisse perplexe par la pauvreté des paroles, de la musique et du clip.
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