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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Interview avec Raouf Ben Amor
Interviews | Publié le 16.04.2008
Nous avons rencontré Raouf Ben Amor, icône et grand homme du théâtre et du cinéma tunisien, à l’occasion de la représentation de la pièce « Mémoires d’un Dinosaure », jouée il y 20 ans avec Tawfik Jebali, et rejouée cette année à l’occasion du 20ème anniversaire d’El Teatro. Dans cette interview, il nous raconte l’histoire de son parcours artistique, nous plongeant ainsi dans un monde fait de merveilleuses rencontres , de rêves réalisés, de découvertes, et surtout de son amour pour l’art, la culture et le métier d’acteur dans lesquels il a baigné depuis son plus jeune age.
Jet Set : comment avez-vous découvert votre don d'acteur ?
Ça a commencé au collège Sadiki, il y avait des activités musicales et théâtrales, et tous les élèves pouvaient s'inscrire à la chorale, à la troupe musicale ou à la troupe théâtrale. Mohsen Ben Abdallah venait donner des cours une fois par semaine et ça se terminait chaque année par un spectacle de fin d'année et un concours inter lycée.
Au début, j'ai fait partie de la chorale parce qu'à cette époque, j'aimais beaucoup plus chanter que jouer, d'autant plus que je n'avais jamais essayé - jusqu'au jour où Mohsen Ben Abdallah a eu besoin d'un chœur pour une pièce. C'était en 1964, et quand je suis allé chanter, il a vu quelque chose en moi et m'a proposé un rôle l'année d'après, et c'est de là que tout s'est déclenché. Ceci étant, je ne pensais pas faire du théâtre. J'adorai la langue anglaise et je voulais devenir professeur d'anglais. Pendant ma première année d'anglais à la Faculté des lettres, j'ai adhéré au centre dramatique universitaire avec Raouf Basti, Mohamed Driss et compagnie, qui m'ont proposé un rôle dans une pièce qui a participé au festival international du théâtre universitaire à Istanbul en 1969. Là, on décroche le premier prix ex aequo sur 50 pays dont la Russie, la France, etc. Chadly Klibi, Ministre de la Culture en ce temps-là, décide de donner une bourse d'études à tous ceux qui ont participé à la pièce. C'est comme ça que j'ai pu faire des études de théâtre à Londres. J'ai tenu à aller à Londres parce que j'adorais la langue anglaise et même en matière de théâtre et de cinéma, mes références étaient des acteurs anglais ou irlandais. Tous ceux qui m'impressionnaient par leur jeu, par leur présence, même à Hollywood, étaient d'origine britannique.
À mon retour en Tunisie, nous ne pouvions pas jouer faute de moyens de la part du Ministère de la Culture. Juste à ce moment-là, Tahar Bousema, gouverneur du Kef et créateur du théâtre du Kef, qui avait déjà produit de grandes œuvres théâtrales, se fait muter à Gafsa et décide de réserver un budget pour la création d'une troupe théâtrale à Gafsa. Et là, nous débarquons tous à Gafsa : Fadhel Jeaibi, Fadhel Jaziri, Mohamed Driss, Raja Farhat et moi-même. On a monté le théâtre du sud Gafsa en 1972 puis, à partir de 1975, chacun a voulu voler de ses propres ailes. Par la suite, je suis reparti à Londres, puis les expériences se sont succédé : après Gafsa, il y a eu le théâtre fou de Raja Ben Ammar, le théâtre cinéma de Tawfik Jebali, puis j'ai rejoint le théâtre national, ensuite Tawfik a fondé El Teatro avec Zeineb Farhat, et ça fait 20 ans que je suis présent dans pratiquement 80% des pièces de Tawfik Jebali.
Jet Set : Parlez-nous de votre carrière à la télé et au cinéma.
La télé est venue un peu par hasard. À cette époque-là et jusqu'aux années 80, il y avait comme une rupture entre les créateurs tunisiens et la télé, parce que la télé ne cherchait pas vraiment à introduire les gens qui n'appartenaient pas à la famille ERTT. Puis il y a eu un homme de théâtre à la tête de la télévision, Raouf Basti, qui a ouvert la porte aux créateurs de tous bords. J'ai eu une première proposition dans un téléfilm qui s'intitulait "Confession de la dernière pluie", ce qui a permis de me faire connaître auprès des réalisateurs et qui m'a amené à travailler pendant 7 ou 8 ans dans plusieurs téléfilms. En 1996, j'ai décidé de quitter la télé, car on me proposait toujours les mêmes rôles et j'ai continué avec les films et le théâtre. En parallèle, j'ai mené une carrière dans le secteur du tourisme culturel, puis j'ai monté ma boîte de production et d'événementiel. En ce qui concerne le cinéma, je dirais que le hasard fait bien les choses. Quand j'étais à Gafsa, Roberto Rossellini a débarqué pour tourner son film "Le messie". Il avait besoin de comédiens tunisiens pour jouer les apôtres et, quand j'arrive sur le plateau pour jouer un apôtre quelconque, le comédien italien qui devait jouer Judas ne se fait pas voir, ce qui énerve beaucoup Rossellini et là, il demande à son premier assistant Abdellatif Ben Ammar de lui trouver un comédien parmi les Tunisiens qui puisse jouer le rôle. Abdellatif lui parle de moi et Rossellini propose de me faire jouer la scène la plus difficile : si je m'en sortais il me prenait, sinon… Et c'est comme ça que j'ai joué Judas. Puis, les gens m'ont remarqué et j'ai joué dans pratiquement tous les grands films étrangers qui se sont tournés en Tunisie.
Après, il y a eu les séries télévisées de Channel 4, Antenne, 2, Rai Due, etc. Le fait de parler anglais m'a énormément aidé puisqu’après les années 80, tout se tournait en anglais. Et de là bien sûr, les films tunisiens comme Aziza, Habiba Msika, jusqu'à Khochkhache…
Jet Set : Quels sont vos projets, sur quoi travaillez-vous à présent ?
Concernant le théâtre, on a repris avec Tawfik Jebali à El Teatro la pièce "Mémoire d'un dinosaure" d'après les "Dialogues d'exilés" de Bertold Brecht. C'est une pièce qu'on a déjà jouée il y a 20 ans et qui garde toujours tout son sens, sa modernité, ses propos qui reflètent encore notre présent. Les deux présentations qu'on a faites dernièrement ont fait guichet fermé et c'est pour cette raison que Tawfik Jebali a décidé de programmer 3 représentations supplémentaires le 17, 18 et 19 courant. Concernant le cinéma, je suis en train de travailler dans le film de Brahim Letaief "Cine Citta", dans le rôle de Toto justement pour rendre hommage au grand acteur italien et faire un clin d'œil au cinéma mondial puisqu'on retrouve des reproductions de scènes mythiques du cinéma universel.
Jet Set : En ayant touché au théâtre, au cinéma et à la télé, lequel de ces trois arts préférez-vous ?
Le théâtre, bien sûr. Déjà pour le contact avec le public qui est une chose magique, et aussi pour la chance de pouvoir se renouveler tous les jours ; si on s'aperçoit de failles, on peut rectifier le tir. C'est une aventure merveilleuse et le public revient 3 ou 4 fois.
Reprendre une pièce au bout de vingt ans et jouer à guichet fermé, c'est du pur bonheur et plein d'émotion. On a fait en sorte qu'il y ait des extraits de la pièce filmés en 1980, et on constate avec plaisir que le texte reste fabuleusement actuel.
Jet Set : N'avez-vous jamais pensé à écrire ou à monter une pièce ?
Non, j'ai la capacité de reprendre et de perfectionner des textes, mais je ne me vois pas en auteur. Il faut dire que je n'ai jamais eu le temps parce que j'ai mené deux vies en parallèle, une artistique et l'autre de responsable administratif. Je n'avais pas le choix puisque le théâtre ne faisait pas vivre son homme.
Peut-être que j'écrirai une seule pièce qui sera sans doute un one man show où je raconterai 40 ans de carrière et d'expériences fabuleuses avec toutes les rencontres que j'ai eues et les bonnes choses qu'on a vécues ensemble en compagnie de trois générations, celle qui m'a précédé, la mienne et celle d'aujourd'hui.
Jet Set : C'est une idée en cours de création ?
Non, c'est une idée pour laquelle je dois me libérer de toutes mes prérogatives et préoccupations pour m'y consacrer totalement.
Jet Set : Pourquoi le théâtre en Tunisie ne fait-il pas vivre son homme ?
Un peu partout dans le monde aujourd'hui, on remarque que si le théâtre se maintient, c'est surtout grâce aux mécènes, aux fondations et aux amoureux du théâtre. Je me rappelle que le théâtre de Mannheim en Allemagne est né d'une vielle bâtisse presque en ruine et a commencé à avoir du succès grâce l'engouement et à la volonté des spectateurs qui s'abonnaient à l'année pour ne rater aucun spectacle. Ils payaient parfois plus que la valeur de l'abonnement pour aider le théâtre à vivre, et c'est devenu maintenant un des plus rayonnants théâtres d'Allemagne où les pièces du monde entier sont jouées en version originale, voilà un exemple.
En Tunisie, il n'y a ni mécènes ni de fondations. Les gens trouvent que 6 dinars pour aller au théâtre, c'est cher. Donc, il ne reste que l'État, qui subventionne et qui finance tout. Cela signifie que s'il y a un film tunisien aujourd'hui, c'est parce que l'État a financé 50% de son budget. Pour le théâtre, il y a des aides à la production, des aides aux espaces même privés et un achat des représentations, mais ça reste très dur quand même. La Tunisie est un des rares pays, sinon le seul, qui dédie 1,5% de son budget à la culture. L'État ne peut pas faire plus, et tant que les hommes d'affaires n'aideront pas, ça restera toujours aussi difficile.
Jet Set : Pourtant, vous jouez toutes vos pièces à guichet fermé.
Oui. D'abord, nous avons un petit théâtre qui ne prend que 250 places, et ensuite, le prix des billets est assez bas.
Jet Set : Vous pensez que si vous jouiez "Mémoires d'un dinosaure" au théâtre municipal, il ne se remplirait pas ?
Le théâtre où la création de la pièce a eu lieu est toujours très spécial, mais on tourne un peu partout en Tunisie.
Pour en revenir au problème "financier", le théâtre c'est toute une équipe qui se déplace, c'est un énorme investissement. D'ailleurs, je me demande toujours comment Tawfik Jebali arrive à payer 9 personnes à la fin de chaque mois, c'est une vraie prouesse. C'est aussi parce qu'il a su présenter des choses nouvelles, diversifier l'espace qui est devenu un centre culturel digne de ce nom, mais toujours à coup de sacrifice, de courage et de volonté.
On ne peut pas dire qu'il y ait de nos jours quelqu'un qui vit bien du théâtre, ni Jeaibi, ni Ammar, ni Gannoun, et ne parlons pas des retraités du théâtre dont la retraite est inférieure au SMIG... Le problème est immense, on provoque des débats autour de cette question, pour voir quelle est l'issue et pour encourager surtout la génération future à faire ce métier.
Jet Set : Parlez-nous de "Klam Ellil", est-ce qu'on pourra en revoir une nouvelle ?
"Klam Ellil" est une idée géniale qu'a eue Tawfik Jebali un jour, de monter un spectacle à base de sketches, en solo, en duo ou en trio, et en même temps d'introduire des tableaux de danse et de musique. C'était une fenêtre ouverte à tous les talents qui voulaient s'exprimer sur une scène. Le concept étant solide, ça nous a permis d'arriver à 11 épisodes. La pièce a tenu la route pendant 11 ans, elle collait à l'actualité tunisienne, arabe et mondiale, et tous les gros problèmes et soucis que vivait le monde étaient traités avec un humour exacerbé, une intelligence et des jeux de mots dont Tawfik est le spécialiste. Et à un certain moment, Tawfik a voulu passer à autre chose. Mais il est question qu'à l'occasion du 20e anniversaire, on finisse par en produire une qui serait non pas la 12e mais plutôt "Klam Ellil 0", comme si c'était un redémarrage. Tawfik est encore hésitant, mais il se peut que ça se fasse.
Jet Set : Et qui reverra-t-on sur scène si le projet se concrétise ?
Ceux que le public a eu l'habitude de voir à "Klam Ellil" : Mahmoud Larnaout, Kamel Touati, Tawfik Jebali et moi-même.
Jet Set : Que s'est-il passé avec le festival de Carthage ?
J'ai fait partie de l'équipe dirigeante du Festival de Carthage, il y a plus de vingt ans, et avec toute la bonne volonté du monde, je voulais faire en sorte que Carthage retrouve son âge d'or. Or, les choses ont changé. Il y a 20 ans, pratiquement tous les artistes du monde étaient engagés, ils ne coûtaient pas cher et voulaient rencontrer un nouveau public ; maintenant, c'est monsieur dollars qui s'installe en grand patron et c'est devenu purement commercial. D'autre part, le public aussi a changé.
Le choix des artistes était un dilemme. Je me souviens qu'en 2005, on a fait une étude avec l'accord du ministre pour enquêter sur les goûts des jeunes et des moins jeunes, et le résultat était pour moi catastrophique : ils voulaient 70% de tunisien et 30% d'arabe. La Tunisie, pays réputé par son ouverture sur le monde entier, avait tendance à se recroqueviller sur elle-même et ce n'était pas du tout la vocation du festival de Carthage.
L'autre cause, c'est l'administration. Il faut avancer et employer d'autres méthodes, comme établir un cahier des charges, le confier à une personne dont la mission serait de mener à bien le festival et qui ferait ce qu'elle voudrait avec les gens qu'elle choisirait. Je prends l'exemple du festival de Marrakech qui a détrôné tous les festivals du monde arabe en utilisant cette méthode. L'administration est encore très lourde, malgré les efforts visant à l'alléger. Ça reste encombrant en matière de création artistique. Il faudrait que les méthodes et la procédure changent, on ne peut plus raisonner avec des commissions, mille et un avis, et j'en passe. Et surtout, pour que ça marche, il faut signer des contrats et décider 3 ans en avance, ce qui n'a jamais été fait.
Avec l'opéra qui est en train de se construire, il faut préparer le terrain, les artistes, tout ce qu'il faut pour attirer l'insert du public tunisien et étranger.
Jet Set : Quels sont vos projets ?
Il y a une nouvelle production d'El Teatro, il y a aussi le prochain film de Moufida Tlatli pour le rôle principal. Je m'occupe par ailleurs au club nautique de Sidi Bou Saïd, en tant que membre du bureau, à organiser tout un programme culturel où on essaye de créer l'événement chaque mois, comme la conférence fabuleuse de Youssef Seddik, de Raja Farhat, des concerts de Jazz, de Tarab… Je suis la jeunesse, les chanteurs, les comédiens à qui je donne volontiers des conseils et que j'aide à percer à droite et à gauche. Et puis j'aime regarder les spectacles, je suis ce qui se passe, j'aime emplir ma vie avec pleins de belles choses.
Jet Set : Il faut être membre du club nautique de Sidi Bou Saïd pour assister aux manifestations programmées. Comment un non membre peut-il y accéder ?
C'est aux responsables d'espaces d'organiser ces manifestations-là, qui sont, je le signale, faites totalement par des artistes et des conférenciers bénévoles. Aucun artiste ou conférencier ne se refuserait de venir présenter son livre ou parler d'un sujet important.
Jet Set : Comment vous en sortez-vous financièrement ?
Quand j'ai compris en 1964 que le théâtre ne me ferait pas vivre, j'ai mené une vie de responsable dans pas mal de sociétés privées et autres entreprises, et depuis 6 mois, je perçois une retraite qui me permet de me sentir libre et de faire ce que je veux. Ce sont des charges en moins et du temps en plus.
Jet Set : Vos enfants ont-ils suivi une carrière artistique ?
Ma fille a toujours eu l'âme d'une artiste, elle voulait faire une carrière de camerawoman. Petite, elle a obtenu des rôles assez importants dans des films, mais elle a décidé en fin de compte de suivre l'exemple de sa mère et de faire médecine. Mon fils est un matheux pur, il passe son bac l'année prochaine et veut devenir ingénieur. Mes enfants suivent à peine ce que je fais, ils m'écoutent par la force des choses, ils apprécient mais sans plus.
Jet Set : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes Tunisiens qui voudraient suivre une carrière de comédien ?
Aller voir le maximum de spectacles, danse, musique, théâtre.. C'est ça qui complétera leur connaissance générale, qui leur permettra d'émouvoir, de sentir l'art. Naviguez aussi sur Internet, voyez ce qui se passe dans le monde.
Jet Set : Avec le poste que vous occupez à l'Oasis Hammamet, comment voyez-vous les jeunes de nos jours ?
On ne peut pas les juger parce qu'ils s'amusent, c'est normal qu'ils se défoulent. Moi, j'allais à La Baraka et je me défoulais aussi. C'est leur époque, ils ont le droit d'en profiter, mais il ne faudrait pas qu'il n'y ait que ça. Il faut partager son temps et savoir faire un peu de tout.
Propos recueillis par Neïla Azouz
Le bonheur parfait selon vous ?
Avoir la paix.
Où et à quel moment vous êtes-vous senti le plus heureux ?
C'est toujours à la fin d'une première, quand on est devant le public.
Votre dernier fou rire ?
Je ris tout le temps.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
À la mort de ma sœur. Il m'arrive parfois de pleurer devant un film, mais ce sont d'autres larmes, des larmes de bonheur.
Le principal trait de votre caractère ?
Le sérieux dans ce que je fais.
Celui dont vous êtes le moins fier ?
Parfois, je perds beaucoup de temps à faire n'importe quoi ou à ne rien faire.
La qualité que vous préférez chez un homme ?
L'engagement, la fidélité en amitié, le sérieux dans le travail et le perfectionnisme. Il faut des gens comme ça pour que les choses marchent.
La qualité que vous préférez chez une femme ?
L'intelligence.
Votre plus grande peur ?
L'angoisse d'un père par rapport à ses enfants. Je n'ai pas peur pour moi, parce que je considère que j'ai vécu une vie assez agréable, j'ai surtout peur pour mes enfants.
Que possédez-vous de plus cher ?
Mes enfants.
Que détestez-vous par-dessus tout ?
L'hypocrisie et l'opportunisme.
Qu'est-ce qui vous exaspère chez les autres ?
L'indifférence
Qu'appréciez-vous le plus chez vos amis ?
L'humour et l'intelligence.
La ville où vous aimeriez vivre ?
Londres
Quel est le comble de la misère pour vous ?
La bêtise.
Quel est le comble de la bêtise ?
C'est passer à côté de toutes les chances qui se présentent à toi.
Votre devise ?
Sincérité, amitié et sérieux.
Si vous étiez un sens ?
La vue.
Si vous étiez une chanson ?
Min yawm li yawmayn de Wadi Safi.
Si vous étiez un endroit ?
Sidi Chabaane à Sidi Bou Saïd.
Si vous étiez un film ?
Le film qui m'a vraiment marqué dans ma vie, c'est un western qui n'en est pas vraiment un : "Les grands espaces" de Gregory Peck. Je vais au cinéma pour voir une histoire de cow-boy et je me retrouve dans un drame joué d'une manière incroyable. Je n'ai jamais pu oublier ce film. Je trouve que l'âme des films des années 50, 60, 70 s'est perdue quelque part dans la nouvelle technologie qui a envahi l'industrie du cinéma.
Si vous étiez un livre ?
Toute l'œuvre de Camus.
Si vous étiez un mot ?
Vie
À quoi avez-vous renoncé pour faire votre métier ?
À la fortune, aux affaires. Je n'ai jamais cherché à m'enrichir, et donc j'ai dû faire autre chose pour survivre et faire en parallèle les métiers que j'aime.
Qu'aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Assez d'argent pour monter un nouveau spectacle.
Qu'avez-vous été capable de faire par amour ?
Plein de choses. Je suis toujours présent quand un être cher a besoin de moi, et je crois que le soutien moral vaut toutes les fortunes du monde.
Votre dernière bêtise ?
Je rate parfois des occasions, ou alors je laisse un malentendu s'installer.
La dernière chose insensée ?
Faire un voyage sans avoir vraiment les moyens, une petite folie.
Votre dernière pensée de la journée ?
Souvent, je pense à ce que j'ai à faire le lendemain.
Le mot que vous détestez ?
Non ou impossible.
Le métier que vous n'auriez jamais voulu faire ?
Financier
Qu'avez-vous réussi le mieux dans votre vie ?
À me faire accepter par les gens qui m'intéressent.
Quelles sont les trois choses que vous emporteriez sur une île déserte ?
Un film, un CD de musique et un magazine.
Si vous aviez le pouvoir de faire réincarner 4 personnages historiques et de les inviter à dîner, qui seraient-ils ?
Ibn Khaldoun, Laurence Olivier, Hannibal, Al Kahena.
Quel défaut doit avoir une femme pour vous plaire ?
Être un peu naïve, c'est drôle.
Quelle est la meilleure pièce de théâtre que vous ayez jamais vue ?
Macbeth à Londres.
Quelle est la pire pièce de théâtre que vous ayez jamais vue ?
Au Caire, une pièce dont j'ai oublié le titre, mais dans laquelle jouait un grand acteur, Nour Cherif.
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