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« Klem Ellil zéro virgule » La révolution tunisienne racontée autrement

Arts et culture | Publié le 11.11.2013

Le nouveau cycle de représentations de la pièce : “Klem Ellil zero virgule” de Taoufik Jebali et consorts a repris le 6 novembre à El Teatro devant une salle comble. Un spectacle de théâtre divertissant qui se situe au diapason de l’actualité politique en Tunisie. Il la décortique au gré d’une vision satirique, sans pour autant tomber dans le discours direct et ridicule.

Durant une heure et demie, on ne se lasse point de suivre les situations, quelquefois étranges et dramatiques que vivent les différents personnages, à l’instar de celles que vit le peuple tunisien après la révolution. La pièce, ou du moins le divertissement théâtral proposé, est en continuel changement au rythme de l’évolution des faits. Ainsi, et avec cette nouvelle version de « Klem Ellil zéro virgule » qui fait allusion au pourcentage qu’avait eu l’opposition aux élections, le dialogue national s’y trouve aussi sans pour autant ne pas passer au peigne fin également les détails d’un quotidien morose que vit le pays depuis la victoire de la Troika aux élections du 23 octobre 2011. A travers des scènes successives où le décor change devant nos yeux, étant d’un côté rectiligne et de l’autre comblant toute la scène, l’histoire se tisse. 

Sans être une histoire classique dans sa narration, on y trouve le fil conducteur celui des aberrations qui auraient poussé l’auteur et metteur en scène Taoufik Jebali à imaginer la vie dans l’au-delà pour des personnages martyrs de leur état. C’est à en mourir de rire et comme il est de coutume dans ce genre théâtral défendu par Jebali. Les renversements de situation, les imprévus et autres coups de théâtre se suivent et ne se ressemblent pas. C’est l’explication et l’évocation d’une atmosphère fétide et insupportable. Et il fallait trouver les mots qu’il faut pour traduire la dégringolade et la mascarade. C’est le dialectal tunisien raffiné et qu’on n’utilise plus aujourd’hui qui nous est offert. Le jeu de mots est en plus savamment exploité, dans la mesure où un seul mot ou expression peut donner plusieurs sens, opposés parfois. Une gymnastique verbale qui rend hommage, chemin faisant, à notre argot bien tunisien qu’on a tendance à oublier.

La richesse du texte accompagne une scénographie intelligente qui rend le spectacle éclaté. Une plongée dans les réalités tunisiennes sociales et politiques post-révolution et qui sont divulguées par histoires hilarantes interposées. L’exploitation des lumières et de leur réflexion est un plus au spectacle. Le jeu des comédiens bien qu’étant inégal accroche. Raouf Ben Amor y joue des extraits de pièces célèbres de Shakespeare en souvenir et à coup sûr de son séjour d’études à Londres durant les années soixante dix du siècle dernier. Un spectacle où l’on rend hommage par flash-back au regretté Mahmoud Larnaout, le compagnon du noyau dur de « Klem Ellil. » Un hommage où l’on retrouve la voix de ce dernier mimée par un acteur qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Un spectacle où l’on continue à rire même après le salut final des comédiens, tellement le propos nous concerne et nous laisse pas indifférent.

B.L.



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