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Nous nous excusons, réessayez plus tard.Le comédien King Lear de Hichem Rostom à Mad’art Carthage
Arts et culture | Publié le 04.02.2010
Jeudi 4 février à 20H30, vendredi 5 février à 17h et samedi 6 février à 20h30, en arabe dialectal surtitré en français.Malgré son attachement au cinéma, « Comédien et Metteur en scène de théâtre » est une identité que revendique Hichem Rostom et que le public lui attribue. Pourtant, rares sont ceux qui ont vu ses créations et suivi son parcours sur les planches. D’autant plus que les quatre créations qu’il a mises en scène (Caligula, Mademoiselle Julie, L’étranger et Art) sont plutôt des pièces expérimentales pas forcément populaires. Mais Hichem Rostom réussit chaque fois à emballer les amateurs du 4e art et à les faire voyager dans le répertoire classique qu’il chérit si fort.
Après la première représentation de sa toute nouvelle création « Le comédien King Lear » et un premier cycle présenté en décembre dernier au Théâtre de la ville de Tunis dans le cadre de Tunis fait sa comédie, le voilà qui se déplace vers le public de la banlieue nord pour un autre cycle (4,5 et 6 février) sur les planches de Mad’art Carthage.
« Le comédien King Lear » (joué par Rostom lui-même, accompagné de Martine Gafsi, Abdellatif Kheiredine et du tout jeune Youssef Benedetto) est une lecture très libre de la tragédie shakespearienne éponyme à partir de laquelle Rostom et son acolyte Ezzedine Madani (qui ont coécrit le texte) nous tissent une autre tragédie, celle du métier d’acteur.
C’est l’histoire d’un vieux comédien qui a été oublié dans sa loge après la dernière représentation de « King Lear » de W. Shakespeare. Il erre dans le théâtre vide comme le roi Lear, rejeté dans la lande déserte et se souvient de ses années de jeunesse, d’amour et de gloire au service de son art.
La présence du gardien de nuit (Abdellatif Kheiredine) ranime sa colère et il se dresse contre la bêtise humaine, l’ignorance, le sectarisme et l’immobilisme de ses semblables.
Quelques années après, alors qu’il avait abandonné tout espoir de remonter un jour sur les planches, il a rendez-vous avec le directeur d’un théâtre dans un hôtel sordide qui fait appel à lui pour jouer « King Lear » à l’occasion du centenaire du théâtre. Ce comédien banni des scènes officielles depuis trente ans pour avoir refusé de jouer des comédies populistes se retrouve dans cet étrange lieu au milieu d’étranges clients qui fêtent le réveillon d’un nouveau millénaire.
Mais le directeur du théâtre ne viendra pas.
Durant cette nuit d’attente, il confie ses désillusions à une dame qui attend, elle, son amant qui ne viendra pas non plus. Avec cette histoire, Rostom nous entraine dans son univers habité de personnages sortis tout droit des pièces de Shakespeare et nous fait l’éloge d’un théâtre classique jamais révolu.
Entre rêves et illusions, le comédien se retrouve dans un monde onirique peuplé de gens étranges.
Mais que veut nous transmettre Rostom avec cette pièce ? Le message est clair pour ceux qui y seront sensibles : la perte de repère du comédien d’aujourd’hui, l’éloignement du texte classique, la dominance du théâtre populiste… tant de questions que Rostom se pose au même titre que le personnage qu’il interprète. Sans tomber dans le pathétique et dans les pleurnicheries, Rostom sait aussi en parler avec humour en poussant son personnage vers des extrêmes en le traitant parfois de grotesque et d’archaïque tout en faisant l’éloge du théâtre classique et des pièces aux somptueux décors et costumes…
Autant Rostom partage le point de vue de son personnage autant il sait en jouer, une approche voulue et assumée qui mérite vraiment le détour.
ASMA D.
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