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Les invasions barbares !

Méli Melo de pensées | Publié le 27.06.2011

Suite à la chute de Ben Ali et à la grande vague de révolutions populaires qui touche le monde arabe, nous avons tous senti cet air de changement, de renouveau, on s’est tous dit à un moment ou à un autre que le pire était derrière nous, qu’il fallait se serrer les coudes et faire chacun de son côté un petit geste, un petit plus montrant que nous sommes capables de parer aux problèmes qui allaient venir.

Je ne sais pas si vous avez remarqué les premiers jours qui ont suivi la révolution : les gens étaient aimables, souriants, polis, respectueux des autres, des feux de signalisation, de la propreté… Bref, on avait le sentiment de vivre dans une communauté soudée et moderne. Hélas, ça n’a duré que quelques jours et les choses ont commencé à aller de mal en pis.

Dans le centre-ville :
Je suis descendue dernièrement au centre-ville pour une course, j’ai traversé l’avenue Bourguiba en voiture, j’ai vu des gens de tous genres se balader, les cafés pleins, et une ambiance assez tranquille mis à part les barbelés qui gâchaient un peu ce décor plaisant. Mais dès que je suis passée dans les ruelles perpendiculaires à la grande avenue, j’ai vu des étalages de toutes sortes arrivant jusque sur la chaussée. Il y avait de tout : des services en verre incassable (mon œil !), des paniers en plastique fluorescents, des lunettes de contrefaçon qui laissent les UV vous crever la cornée, des nappes aux énormes fleurs multicolores, des couverts qui s’oxydent pour lâcher leur venin dans vos aliments, des sandales en cuir qui sentent la bouse de vache à des kilomètres à la ronde, des caches de téléphone d’une laideur légendaire, des sous-vêtements en acrylique hyper inflammables à même le sol… Des babioles en tout genre à vous donner le tournis ! Un grand bazar étalé devant les boutiques, les grandes surfaces… partout ! D’ailleurs, ceux qui faisaient leurs courses en échange d’un ticket de caisse en bonne et due forme devaient presque sauter par-dessus les vendeurs ambulants pour sortir, en se faisant arrêter au passage par les appels stridents de ces marchands qui ont pris possession de la rue sans en avoir le droit.
Mais d’où débarquent tous ces gens ? D’où vient toute cette marchandise ? Comment font-ils pour trouver autant de broutilles d’un goût horrible et d’une qualité médiocre ? Et surtout, pourquoi les laisse-t-on faire ?

Sur la route :
Avez-vous remarqué que le Code de la route ne signifie presque plus rien pour la majorité des conducteurs ?
Il y a ceux qui adorent passer devant vous quand le feu est rouge, ils jettent un œil autour d’eux puis démarrent à toute vitesse en risquant de se prendre une voiture de plein fouet juste parce qu’ils n’ont pas envie d’attendre quelques minutes. Maintenant, il faut faire encore plus attention quand le feu est vert ou quand vous avez la priorité car vous ne savez pas d’où peut débouler n’importe quel anarchiste risquant votre vie ainsi que la sienne. Et si vous leur faites remarquer, attendez-vous à entendre les pires insultes souvent accompagnées de gestes obscènes alors que vous ne les méritez pas.

Il y a aussi ceux qui croient que la route est une poubelle géante : papiers mouchoirs usagés, sachets en plastique, cendrier, canettes ou bouteilles de bière, le tout balancé avec une nonchalance exaspérante par la fenêtre de la voiture, sans se soucier une seconde qu’à part foutre en l’air mère Nature et la propreté de la rue, ils risquent de provoquer de graves accidents si une de ses saletés venait à heurter ou à se coller sur votre pare-brise.

On a aussi ceux qui se sentent libres de rouler sur la file de gauche à 30 km/h et refusent de remarquer vos appels de phares, klaxons et autres tentatives désespérées leur indiquant qu’ils ne sont pas sur la bonne file, mais on comprend assez vite que le fait de ralentir la circulation en mettant en retard tous ceux qui s’agglutinent derrière eux semble être le dernier de leur souci. Vous avez beau tout faire, ce genre d’individu ne bougera pas, le roi de la route divague dans ses pensées sans daigner vous regarder ou respecter le fait que vous voudriez seulement qu’il s’écarte pour que vous puissiez enfin rouler à une vitesse un peu plus rapide que celle d’une tortue.

Rien n’y fait, à croire qu’ils le font exprès ou qu’ils ont un malin plaisir à vous faire sortir de vos gonds. Même s’ils vous remarquent, ils ne manquent pas de vous montrer que c’est leur manière de faire et que ce ne sont ni vos klaxons ni vos tentatives désespérées qui y changeront quoi que ce soit.
Ne parlons pas de la façon de se garer n’importe où, n’importe comment, sur les trottoirs, les passages cloutés ou juste derrière votre voiture, vous bloquant ainsi pendant des heures à attendre que le propriétaire de cette maudite carcasse vienne enfin vous délivrer… en vous regardant de bas en haut sans la moindre formule de politesse ni d’excuse.

Dans le voisinage :
Pendant les premiers jours de la révolution, lorsque la peur et l’insécurité régnaient, tous les voisins se sont serré les coudes pour protéger leur quartier. Mais peu après, il y a eu de nouveaux arrivants, venus des quatre coins du pays, voulant s’installer près de chez vous. En temps normal, ça ne poserait aucun problème, mais c’est leur façon de débarquer qui dérange car elle frise souvent la colonisation.
L’histoire commence déjà pendant le déménagement. Si vous habitez dans un immeuble, soyez sûr et certain que l’ascenseur tombera en panne dans les heures qui suivent ou qu’il sera bloqué à l’étage des nouveaux voisins pendant toute la durée du débarquement. Et quand finalement ils le lâcheront, vous le trouverez tellement sale et plein de débris en tous genres que vous préférerez vous taper X étages à pied plutôt que d’y monter.

Suite au déménagement qui aura duré quelques jours, vous vous dites que les soucis sont finis puisqu’ils sont enfin installés. Détrompez-vous, vous n’êtes pas au bout de vos peines, car vous devez faire face à d’autres problèmes entre la poubelle balancée directement par la fenêtre, les bruits de pas, de talons, les courses poursuites des bambins, la télé à fond et les bruits de meubles qui vous envahissent en permanence… Eh oui, après la nuisance hygiénique vous aurez la sonore, celle qui titillera vos nerfs jusqu’à l’explosion.

Et comme si ça ne suffisait pas, il faut aussi supporter les kilos de linge multicolore suspendu dégoulinant dans les balcons qui devraient être ornés de fleurs et non de caleçons pour homme, de draps sales et de chaussettes dégueulasses. Il y a des séchoirs pour ça, chose qui échappe totalement à certains.
Si vous habitez dans une villa, les problèmes sont différents mais le dérangement sera le même, sinon pire : sacs poubelles mal fermés et déversés devant votre maison, voiture qui bloque votre garage, enfants qui sautent votre mur pour voler les fruits de vos arbres, musique à fond avec les fenêtres de la maison grandes ouvertes, et cris stridents en permanence, sans parler des regards assassins et du manque d’amabilité flagrant…

Et en ce qui concerne les anciens voisins, eux aussi ont vite oublié ce qui les a réunis : ils vous saluent, certes, mais n’ont pas envie de plus de familiarité.
J’aurais cru que cette solidarité continuerait, que cet esprit de respect entre voisins resterait pour toujours et que la glace serait brisée à jamais, mais il n’en est rien et c’est le « chacun-pour-soi » qui l’emporte.

Dans les endroits publics :
Il y a quelques jours, j’étais en train d’écouter la radio quand une nouvelle m’a bouleversée : il paraîtrait qu’après une étude approfondie sur la mendicité en Tunisie, on a découvert que 97% des mendiants sont des escrocs. Il existe un quartier d’où ils sortent tous le matin, ils s’organisent, se partagent les zones et partent à la chasse des gens compatissants qui croient réellement aux différents handicaps et ruses que ces mendiants s’inventent pour soutirer de l’argent à n’importe qui.

Dans les feux rouges et autres croisements, on en trouve au moins deux ou trois, des femmes, des hommes et même des enfants, tous en pleine forme, mais ils ont cette facilité déconcertante de se tordre, de boiter, de se tortiller tout en affichant cet air triste à mourir, et si vous ne leur donnez pas ce qu’ils veulent, attendez-vous à ce qu’ils se collent à votre vitre, vous tapent la voiture, vous insultent… Il y en a même un qui embrasse fougueusement votre capot pour une pièce !

Pourquoi y en a-t-il autant d’un coup ? Où est-ce qu’ils se cachaient ? D’où est-ce qu’ils débarquent ?
Que Dieu m’en soit témoin, je suis prête à aider mon prochain, mais sommes-nous obligés de supporter ces nouveaux phénomènes qui nous envahissent de partout ? Avons-nous les reins assez solides pour laisser les choses se dégrader autant ? Je n’en suis pas si sûre. Je vous l’accorde, ce sont de petits détails de la vie quotidienne que chacun de nous a dû connaître de près ou de loin, mais la vie est faite de détails, et si personne ne réagit, nous allons être envahis par ce manque incontrôlable de civisme qui pourrira petit à petit et qui sera difficile à faire disparaître.

Cela dit, et optimistes comme on devrait l’être, j’ai toujours l’espoir que leur conscience se réveille un jour et que je puisse enfin voir des gens moins invasifs, plus respectueux et conscients de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre dans un pays aussi généreux que le nôtre.

Jules Renard a dit : Vous êtes ici comme chez vous, mais n'oubliez pas que j'y suis chez moi.


N.Azouz
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