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Qu’est-ce qui nous arrive ?!!

Méli Melo de pensées | Publié le 30.04.2011

Il est vrai que depuis le 14 janvier, les choses ont bien changé. Certains, disent que le pire est derrière nous, c’est aussi mon avis d’une certaine manière, mais pour une fois, je vais vous parler en tant que femme, femme tunisienne moderne, qui a su au fil du temps s’adapter et vivre dans son pays, car il est vrai que n’importe quelle personne vivant ici a dû se dire au moins une fois qu’elle voulait déguerpir et ne plus revenir, mais chemin faisant, cette idée a petit à petit disparu, laissant la place à beaucoup d’espoir…

Nous, femmes tunisiennes, aimons la vie, nous aimons la place que nous avons dans notre société, celle pour laquelle nos ancêtres ont bataillé, nous sommes actives, nous avons notre mot à dire et sommes à l’écoute des autres. Je me suis toujours vantée de cette liberté que beaucoup de pays arabes n’ont plus ou n’ont jamais eue.

Du sang a coulé, des gens sont morts ou ont complètement disparu, nous offrant ainsi cette victoire tant attendue. Je les pleure et j’espère vraiment qu’ils nous regardent de là-haut en se disant que leur lutte a réellement servi à quelque chose. Personne ne les oubliera et on leur sera toujours reconnaissants. J’ai comme tout le monde senti un parfum de liberté envahir tous mes sens, me laissant croire que l’oppression allait disparaître !

Voilà, ça, c’était la belle histoire qui m’a aidé à supporter la peur, le couvre-feu, les manifestations, les intox, les rumeurs, les rivières d’informations qui m'ont assaillie, mais depuis quelque temps, il y a des phénomènes bizarres qui se produisent, des choses qui me sont inconnues, des gens dont je n’ai jamais entendu parler qui surgissent de partout pour nous dicter nos actes, des débats qui n’en finissent pas, avec des mots que j’entends pour la première fois, je cogite, je me renseigne, j’essaye réellement de comprendre mais je n’y arrive pas !

Je n’arrive pas encore à réaliser tellement de choses, le fait de me réveiller le matin et de devoir penser à ma façon de m’habiller de peur qu’on m’insulte dans la rue, moi qui suis coquette comme toutes les femmes du monde, moi qui me souciais du mariage des couleurs plus que de la longueur de ma jupe !
A ma grande surprise, je commence depuis peu à voir des fantômes noirs se balader dans la rue, ne sachant pas qui j’ai devant moi, un homme, une femme, un monstre, un tueur en série, ZABA, qui peut le savoir ?

Des ombres qui défilent et qui posent sur moi des regards assassins parce que je suis libre, libre d’avoir une relation exclusive avec mon créateur, libre de vouloir vivre à ma manière comme je l’ai toujours fait. Je peux aussi vous parler du Tunisien le plus commun, de celui qui conduit une voiture de luxe et qui ne possède plus aucune éducation ni galanterie jusqu’au mendiant qui tape sur ma voiture si je refuse d’acheter son paquet de papier mouchoir crasseux, d’où est-ce que ça sort tout ça ? Qu’est-ce qui nous arrive réellement ? Est-ce là la liberté, est-ce là la soi-disant démocratie, mot que je commence à détester car il a permis à n’importe qui de toucher à ma liberté individuelle?

Une chose est sûre, la poussière n’est pas encore tombée et le vrai ménage n’a pas encore été fait.

Les gens sont devenus d’une agressivité flippante, le centre-ville où je me baladais avant avec mes amis, filles, garçons, étrangers, sans me soucier d’aucun danger est devenu maintenant un champ de bataille, la peur est devenue quasi permanente, et je suis contrainte de vivre entre El Menzah et la banlieue à des horaires raisonnables car le soir, c’est encore pire, les anges de la mort, du vol, du pillage et des braquages peuvent surgir de n’importe où.

Et pourtant, je pensais intimement que le Tunisien était accueillant, gentil, protecteur mais surtout humain. J’étais loin de me douter qu’il comprendrait la liberté d’une telle façon, rétrograde et démunie de toute raison.
Tout est permis, tout peut arriver, tout peut dégénérer à n’importe quel moment, du nord au sud des gens souffrent, des usines ferment, des municipalités et des écoles brûlent, des prisons sont saccagées et les évadés se baladent en toute liberté…

On me dit que c’est le prix à payer, mais de quel prix parle-t-on ? Celui de laisser les fanatiques nous museler ou celui de laisser les bandits et les délinquants nous terroriser ?

Mon esprit s’embrouille entre chasse aux sorcières et partis de tous genres, la politique est sur toutes les langues, elle est omniprésente et ne cesse de gâcher nos moments de tranquillité, nos réunions amicales ou encore familiales. Il faut en parler, c’est certain, mais pas autant, car tôt ou tard, on finira par avoir la fatidique overdose qui primera sur tout !

Le monde entier est en plein délire, on a l’impression que même la nature se révolte, les tremblements de terre, les tornades, les tsunamis, tout se détraque, tout tombe tel un château de cartes, ça n’arrête pas, pas un moment de répit, aucune seconde ne passe sans qu’une nouvelle catastrophe n’arrive, et comme si cela ne suffisait pas, les hommes se retournent les uns contre les autres, les Européens contre les Arabes, les Arabes contre eux-mêmes, les hommes contre les femmes... On dirait qu’on se passe le mot pour que tout le monde déteste tout le monde, une vague de haine a gagné tous les esprits et la peur commence à faire partie de notre quotidien. Il est par exemple devenu normal de parler de niqab, un vêtement qui nous est complètement étranger, que même nos meilleurs couturiers ne savent pas faire, un habit qui symbolise cette envie omniprésente d’écarter la gent féminine de sa propre existence: plus le droit de parler, de se promener, de travailler. La seule et unique raison de vivre de ces pro-niqab, c’est d’enterrer une femme encore vivante. Je me demande d’ailleurs si elle a le droit de respirer, tant qu’à faire! Quelle absurdité, quelle ignorance, c’est affligeant et barbare !

J’ai toujours vécu dans une Tunisie tolérante, moderne, cultivée et ouverte sur le monde, avec ou sans Zaba et sa famille. Le Tunisien a toujours su se mélanger aux autres, aller de l’avant, s’adapter tout en conservant ses acquis qu’il a su protéger au fil des années, et le voir ainsi complètement changer de visage, devenir barbu, violent, saccageur, destructeur, criminel au nom d’une religion normalement fondée sur la paix et la tolérance me fend le cœur.

Mon cri de détresse est simple: laissez-nous tranquilles, il est normal que vous existiez si cela vous chante, mais ne vous mêlez pas de nous, de notre façon de vivre, laissez-nous reprendre nos habitudes, recevoir les touristes, reconstruire notre pays et avancer dans la dignité et la liberté, laissez-nous nos droits, laissez-nous le choix et arrêtez de nous imposer ces idées extrémistes, fanatiques, primitives et tellement ridicules. Vous nous gênez, c’est une certitude, mais ne vous faites pas d’illusions, vous n’arriverez jamais à nous convaincre car vous avez tous les torts du monde tous autant que vous êtes, vous qui croyez que vos pensées sont pures alors qu’elles sont aussi sales que le diable en personne !

Je gagne ma peur tous les jours que le bon Dieu fait et j’avance à ma manière, libre et joyeuse, et si ça ne plaît pas, eh bien je ne peux que m’en foutre, parce que c’est ça, la femme tunisienne, c’est son héritage, et ni moi ni les autres ne permettrons jamais que de telles sauvageries nous privent de notre bien le plus précieux: notre belle et si délicieuse liberté.
Faites-vous une raison, vous êtes seulement des cauchemars qu’on aura oubliés à notre réveil !

Voltaire a dit : Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion.


N.Azouz
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