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Sortie tunisienne : « Le Professeur » de Mahmoud Ben Mahmoud

Evénements | Publié le 14.09.2012

Bataille politique, bataille amoureuse

Le tout nouveau film de long-métrage : « Le Professeur », du cinéaste tunisien Mahmoud Ben Mahmoud, est sorti avant-hier sur nos écrans. Une histoire d’amour fou et impossible, sur fond de crise politique dans la Tunisie de la fin des années soixante dix, du siècle dernier et qu’on suit avec autant d’intérêt, que de passion.

De prime abord, « Le Professeur » interpelle, en filigrane,  la mémoire collective des Tunisiens et particulièrement celle politique et sociale, à travers une fiction qui colle à la réalité de la Tunisie et à une période charnière de son histoire. Les détails en sont témoins ; à savoir : la création de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH), en 1977 et la crise politique et syndicale qui a éclaté entre le gouvernement et l’UGTT, dès décembre de la même année, pour aboutir au jeudi noir du 26 janvier 1978. Le film débute, d’ailleurs, avec cette date affichée du « Tunis, 1977. » Les dés sont ainsi jetés et la liaison amoureuse extra-conjugale d’un professeur universitaire avec l’une de ses étudiantes se révèle à travers leurs flirts en cachette ; où le réalisateur filme ces scènes avec autant de pudeur et de sobriété, que l’érotisme s’annonce et reste toujours présent. Cette liaison semble prendre le dessus sur l’histoire, qui s’attache plutôt aux faits politiques. Mais Mahmoud Ben Mahmoud les raconte en parallèle, car elles y sont étroitement liées. Le montage parallèle y est nécessaire et d’usage, pour faire monter la tension, certes et la décrire, de plus en plus. Le film se laisse voir, malgré une certaine lenteur due à l’atmosphère tendue et embarrassante qui y règne et qui se traduit par des lumières sombres. Cela est valable pour les scènes filmées en intérieur et en extérieur. La musique accompagne les faits et d’une manière suggestive ; car elle y est douce et tranquille, pour exprimer plutôt la tristesse et beaucoup de désespoir. Les protagonistes, connus et moins connus, jouent à leur aise et restent égaux à eux-mêmes. Un casting quelque peu risqué, car les « têtes d’affiche » n’y sont pas présentes. Et c’est le cas pour un bon nombre de films tunisiens récents. Nos réalisateurs comptent sur le thème, le jeu et les performances, s’il le faut, quels que soient les noms des acteurs, pour raconter leur histoire. La fin du film reste ouverte, donnant au spectateur l’occasion d’imaginer la suite et la fin de cette histoire triste et attachante.

B.L.     

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