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Interview exclusive de Tom Hanks

Interviews | Publié le 04.08.2011

Julia Roberts - Tom Hanks. Voilà un duo qu’on imagine mal aujourd’hui à l’affiche d’une comédie romantique. Il y a 10 ans, peut-être, mais pas en 2011. Hanks a 55 ans, Julia 43. Voilà le genre de réaction que nous avons eu lorsque nous avons reçu le premier communiqué de presse sur leur nouveau film « Larry Crowne ». Avance rapide : nous sortons de la projection de presse bouleversés. D’accord, Hanks et Roberts sont un peu « vieux » pour nous refaire « Splash » et « Pretty Woman », les films qui ont lancé leurs carrières respectives. Mais le ton du film, son thème, son réalisme aussi laissent penser que ce genre d’histoire peut facilement exister de nos jours aux Etats-Unis. Lorsque la compagnie qui l'emploie depuis qu'il a quitté la Marine le renvoie parce qu'il n'a jamais été à l’Université, Larry Crowne (Tom Hanks) est désemparé. Aux prises avec une hypothèque qu'il ne peut rembourser, fraîchement divorcé et incapable de trouver un autre emploi, il décide de s'inscrire à l'école, où il suit des cours d'économie et d'expression orale. Il y rencontre d'ailleurs une jeune fille énergique qui se déplace en scooter, comme lui, et une prof blasée dont le mariage est en ruines. Ces deux rencontres vont lui donner l'occasion de reprendre sa vie en main. Optimisme sur fond de crise économique. Pourquoi pas ? Le film fonctionne bien. En bon démocrate, Tom Hanks pointe du doigt un système social où les riches deviennent encore plus riches, mais où le rêve américain reste presque accessible. Des Larry Crowne, il y en a des millions aux Etats-Unis. C’est à eux que Tom Hanks s’adresse mais aussi aux autres, plus jeunes, qui risquent de devenir les Larry Crowne de demain. Tom Hanks a voulu marquer le coup : coécrire ce film avec Nia Vardalos (Mariage à la grecque, NDLR) et surtout le mettre en scène. Tom Hanks, 55 ans, n’a réalisé que deux films dans sa vie. Mais lorsqu’il est derrière la caméra, il se donne à trois cents pour cent.

Ramzy : avec la crise économique actuelle et le problème de la dette américaine, ce film profite sans vraiment le vouloir d’une incroyable publicité.

Tom Hanks : et n'oublions pas tous ces gens qui perdent leur maison car ils ne peuvent plus payer. D’ailleurs, pendant que nous développions le scénario, Nia Vardalos, ma coscénariste et moi voulions que Larry garde sa maison. Mais lors des séances de lecture avec les acteurs qui sont venus auditionner pour le rôle de Larry, nous avons compris qu’il fallait qu’il perde sa maison. Il ne pouvait pas la garder. C'était un moment tellement fort dans le script qu’il fallait qu'il ait un impact sur les futures scènes du film. Nous avions raison. Larry perd sa maison. Il habite un appartement minable qu'il ne peut pas payer non plus. Il a du mal à payer l'essence de sa voiture, il n'a aucune issue à part travailler dans cette cafétéria qu’il déteste. Il décide de retourner à l’université. Même si c’est une faculté d’Etat, il a du mal à payer. Mais il réalise qu’avoir été viré de son boulot est la meilleure chose qui puisse lui arriver. C'était une façon pour moi de montrer comment le temps qui passe peut nous affecter professionnellement et personnellement. Je pense que si nous avions écrit ce film il y a 2 ans, nous n’aurions pas eu autant d'éléments. Mais avant tout, ce film montre ce que ressent Larry et non ce qui lui arrive.

Ramzy : Larry Crowne est ton deuxième film en temps que réalisateur. C’est plus facile la deuxième fois ?

Tom Hanks : je ne sais pas. Réaliser un film, pour moi, c’est personnel. C’est une mission que je me confie. Lorsque j’ai fait mon premier film, « That Thing You Do », c'était une petite production avec un groupe restreint de personnes. J’avais un rôle secondaire. Pour Larry Crowne, c’est une autre affaire. J’ai le rôle principal. C’est vrai que j'aurais pu demander à quelqu'un d'autre de le réaliser. Mais cela n'aurait pas été pareil. Je me suis donc écarté de tout autre travail pour me concentrer uniquement sur ce film. Trois ans de boulot. A côté de ça, faire l'acteur, c'est vraiment les vacances ! Lorsqu’on est acteur, il nous suffit de montrer au réalisateur ce qu'on ressent et le reste se fait sur le plateau pendant le tournage. Le metteur en scène, lui, doit se préparer 8 mois avant le premier tour de manivelle et 9 mois après la fin du tournage. Il faut constamment parler, s'expliquer, demander, supplier. C'est un travail de titan. Mais quand c'est une passion, je ne considère pas cela comme du travail. Je reconnais que je n'ai pas vraiment les mêmes instincts comme réalisateur. Après tout, je suis d’abord un acteur. Mais j’ai eu la chance de travailler avec Robert Zemeckis, Ron Howard ou Spielberg. Ces gars sont de vrais réalisateurs. C'est ce qu'ils ont toujours voulu faire.

Ramzy : Tu t'inspires de ce qu’ils font ?

Tom Hanks : Absolument. J'emprunte beaucoup de leurs styles respectifs. Mais j'ai aussi travaillé avec des scénaristes qui sont devenus ensuite réalisateurs. J’ai travaillé avec des acteurs qui sont passés derrière la caméra. Je suis moi-même un acteur devenu réalisateur. Mon objectif est le réalisme. Pour y arriver, je me retourne vers mon équipe et je demande comment faire. Je crois que je suis devenu plus patient avec l’âge. A l’époque de « That Thing You Do », j'essayais d'obtenir un maximum d’images en allant trop vite ou en pensant que c'était dans la boite. En fait, je me trompais souvent. Je suis plus calme maintenant. Au début d'une journée de tournage, je me dis qu'on va prendre notre temps. On ne va pas se précipiter.

Ramzy : Larry Crowne, c’est vraiment l’image du mec bien. C'est aussi ton image. Tu as toujours joué les mecs bien. Tu jouerais un « bad guy » ? Par exemple dans un James Bond ?

Tom Hanks : Sûrement pas. Ça ne m'intéresse pas de jouer les méchants. Je n'ai jamais compris pourquoi ils sont juste méchants à l'écran. Il y a sûrement des personnages intéressants à jouer, mais les vrais méchants ne ressemblent pas à des méchants. Ils nous ressemblent, à toi et à moi. Tu pourrais avoir un couteau en ce moment (rires…)! Maintenant, pour jouer le méchant qui dit "Avant que je te tue, laisse-moi te montrer ma maison", ce n’est pas intéressant. D’ailleurs, il n'y a que dans les James Bond qu'on voit ce genre de scène. Et puis James Bond a toujours le meilleur rôle (rires…)

Ramzy : j’ai été surpris de voir ta femme Rita en blonde dans le film.

Tom Hanks : ce n’est pas moi, c'est elle qui a décidé de porter une perruque. Je lui ai demandé d'en choisir une et elle a choisi la perruque blonde. C’est marrant, elle ressemble comme deux gouttes d'eau à sa nièce Kristen (présentatrice de télévision, N.D.L.R.).

Ramzy : ça fait 23 ans que vous êtes ensemble. Comment vous faites pour que ça dure ?

Tom Hanks : Oui. 23 ans que nous sommes mariés. Nous sommes avant tout deux artistes et nous l’avons toujours été. On s'est rencontrés sur un tournage. Pour nous, ce n'est pas seulement un métier, c'est toute notre vie. Je ne suis pas stupide. Je ne vais pas me séparer de quelqu'un d'aussi formidable. On n'en a jamais vraiment parlé, on se soutient naturellement. On nous dit souvent que nous sommes une exception. Mais ce n’est pas vrai. Tous nos amis sont mariés depuis très longtemps. On dit aussi qu’il est difficile de garder une relation de couple dans notre milieu. Il est difficile de rester marié tout court, quel que soit le milieu ! (rires…). Je pense qu’il faut surtout épouser la bonne personne!

Ramzy : dans le film, on voit Larry Crowne cuisiner de supers petits déjeuners. Tu cuisines bien ?

Tom Hanks : oui, les petits déjeuners. Comme Larry Crowne. Je fais un super petit déjeuner. Je ne sais pas faire à dîner, mais je suis le gars qui se lève tôt et qui va faire des toasts et des crêpes pour toute la famille. Les œufs, le jus d'orange frais, le café, les céréales. J'adore préparer le petit déjeuner, mais c'est tout. Le reste, je ne sais pas faire.

Ramzy : je sais que tu n’aimes pas trop mettre en avant tes enfants. Alors, on va parler uniquement des adultes.

Tom Hanks : Mon fils Colin est acteur. Il vient à peine de devenir papa. Il sera dans la prochaine saison de la série Dexter. Ma fille Elizabeth vient de remettre un manuscrit à une maison d'édition. Elle travaille sur son livre depuis qu’elle a terminé ses études. A ce propos, je le dis tout haut. Je suis triste de voir que la librairie dans laquelle elle a travaillé à Los Angeles vient de fermer. Tout cela à cause des e-books et des iPad. Dès que les tablettes ont fait leur apparition, les libraires ont vu leurs ventes chuter. Je me suis juré de ne jamais acheter un livre en ligne pour le lire sur une tablette électronique. Je n’ai aucun problème avec les magazines en ligne, ou les quotidiens. Mais pas les livres. Ma philosophie, c'est : achète un livre, lis-le et garde-le. T'as compris ? (rires…)

Ramzy : bien reçu ! Tom Hanks est grand-père si je comprends bien.

Tom Hanks : oui, et je n’ai pas eu le choix ! Ils ne m'ont pas demandé la permission (rires..). Ils ont fait ce qu’ils devaient faire et ma petite-fille est née. Elle est magnifique. Il n'y a rien de plus beau au monde que de la prendre sur mes genoux et lui dire : "C’est qui ? C’est qui cette petite fille ?". Oui , je lui dis ce genre de choses. D’ailleurs, je préfère lui parler à elle qu'à toi ! (rires…)

Ramzy : on termine sur Larry Crowne et sur une question sérieuse, qui est de surcroît d’actualité. Comment la crise économique a-t-elle affecté ce film ?

Tom Hanks : c'est le thème du film. C’est ainsi que nous avons démarré l’écriture il y a 6 ans. Je voulais ce concept du gars qui fait bien son travail. Il va quand même le perdre et ce n’est pas sa faute. Il n’a rien d’autre à faire que de retourner à l’université. Son prof, c'est Julia Roberts. Qu’est-ce qui se passerait alors ? C'est là-dessus qu'on est partis. Mais la réalité nous a vite rattrapés. Tout ce qui s’est passé dans ce pays depuis 6 ans se retrouve dans ce film. La conjoncture économique est devenue l’excuse parfaite pour qu'il perde son emploi, puis sa maison. Larry n'est pas dans la finance. Il n’est pas non plus dans l’immobilier. C’est l’américain moyen qui a fait un prêt pour s’acheter une maison. Pour lui, « crise économique » ne veut rien dire. Ça n’a aucun rapport avec ce qui se passe en Grèce ou en Espagne. Il va perdre sa maison, l'endroit où il pensait vivre le restant de sa vie. Mais j’insiste sur une chose : ce film n'est pas une histoire sur la crise économique. C’est l’histoire d’un gars qui doit changer sa vie à cause d’éléments qu'il ne maîtrise pas.

 

Propos recueillis par Ramzy Malouki

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