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Tunisair et aéroport de Tunis-Carthage : Quand toucher le fond prend tout son sens !!!

Méli Melo de pensées | Publié le 13.03.2012

Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas écrit de méli-mélo. Le manque d’inspiration n’y est pour rien, ce serait plutôt la déferlante de mauvaises nouvelles qui m’a un peu désaxée… Enfin, pour revenir au sujet de ce récit, je commence par le début :
Lors de mon dernier voyage à Paris, et comme toute citoyenne digne de ce nom, j’ai décidé de prendre le vol de notre compagnie nationale Tunisair. J’ai entendu dire plus d’une fois que les difficultés de cette compagnie étaient importantes mais je ne pensais pas voir ce que j’ai vu.

A l’aller :
Arrivée à l’aéroport fraîche comme une rose, je fais la queue devant le comptoir des enregistrements, je donne mon passeport, on m’enregistre, jusque-là tout va bien ! Je décide par la suite de m’asseoir au café d’en haut en attendant l’heure d’entrer sous douane ; je m’installe, je demande quelque chose à boire et tout cela accompagné du fond sonore que nous connaissons tous, celui du message qui passe quasi en boucle dans tout l’aéroport disant qu’il est strictement interdit de fumer PARTOUT. Mais au café où je suis, en regardant les voyageurs, les douaniers, le personnel de Tunisair, les policiers… enfin tous ou presque avaient une cigarette à la main, il y avait même ceux qui se rappelaient de fumer juste après le passage du message d’interdiction, ça m’a fait penser aux panneaux rappel du Code de la route : le message faisait le même effet, rappeler aux fumeurs que c’était l’heure de la cigarette. « Allez-y maintenant, vous pouvez tous allumer vos cigarettes et enfumer l’aéroport partout où vous le voulez ! »

Vu les circonstances, j’en ai moi-même grillé une puisque tout le monde le faisait. J’ai d’ailleurs eu droit au petit gobelet rempli d’eau en guise de cendrier, même si la plupart des gens jetaient cendre et mégot par terre.

Une fois ma boisson terminée, je me suis dirigée vers l’entrée des salles d’embarquement, là où on voit les petites cabines avec les douaniers cachés à l’intérieur. Ces espèces de cabinets bleus me rappellent le petit coin, quand je suis devant j’ai l’impression de déranger l’intimité du douanier. Une fois passée par les regards méchants et suspicieux de ces derniers, j’ai toujours le droit à la fouille complète de mon sac, au comptage de l’argent que j’ai sur moi, aux questions débiles du genre « Vous avez de l’argent en plus caché sur vous ? » et enfin au supplice des détecteurs de métaux qui vous forcent à enlever votre ceinture mais surtout vos chaussures, vous obligeant à marcher sur la crasse du sol légèrement nettoyé depuis quelques heures à l’aide d’une serpillière crade et un peu d’eau (les housses prévues pour protéger vos pieds sont inexistantes). Et cela, sans oublier les gens qui passent leur route sans se soucier des contrôles puisqu’ils connaissent telle ou telle personne... eh oui, les amis, absolument rien n’a changé.

Une fois rhabillée et un peu malmenée, je me dirige vers le Duty Free pour faire un petit tour, histoire de me détendre, et en me baladant dans les rayons, j’ai eu l’impression de réellement gêner les vendeuses et vous savez pourquoi ? Parce qu’elles étaient toutes sans exception en train de se refaire une beauté devant les miroirs grâce aux testeurs des marques disponibles. Et moi qui me demandais pourquoi je ne pouvais jamais ou presque essayer ce que je voulais m’acheter. La réponse était claire devant mes yeux. Apparemment, dans la tête des vendeuses, ces testeurs ne sont pas là pour les clients mais exclusivement pour leur usage personnel…

J’ai quitté les lieux bien sûr sans rien acheter, et je me suis dirigée vers la salle d’embarquement dont le numéro était mentionné sur ma carte. Mais à mon arrivée, SURPRISE : il n’y avait personne ! J’ai cherché quelqu’un pendant pas mal de temps avec la peur d’avoir raté mon avion, et je suis enfin tombée sur une des hôtesses qui faisait une virée dans le coin. Elle m’a informer après vérification que le numéro de la salle avait été changé à la dernière minute et que c’était à l’autre bout… J’ai commencé à courir comme un folle tout le long des couloirs de l’aéroport (heureusement qu’il est assez petit) et je suis enfin arrivée pile-poil pour l’embarquement sous les cris de l’agent de Tunisair et les regards menaçants du douanier.

Quand je suis entrée dans l’avion, j’étais tendue, en sueur et toute la fraîcheur du matin s’était envolée… Je demande à l’hôtesse debout devant la porte de me donner un journal mais elle me dit qu’ils sont finis et qu’il fallait venir plutôt ! Mais je rêve, dites-moi ! C’est la faute de qui si je suis en retard, elle croit que ça m’amuse de courir comme une folle ???!!!

Je prends mon mal en patience et je me dirige vers ma place, chose qui prend une éternité puisque tous les passagers ont des valises énormes à mettre dans les compartiments. Excédent de bagages, me diriez-vous ? Cela dépend de votre capacité de persuasion mais surtout de qui vous êtes…

Une fois ma place trouvée, il me faut beaucoup de courage pour m’asseoir. Les fauteuils normalement bleus de l’avion sont maintenant couverts d’une couche grise bien collée: sueur, pellicules, cheveux, poils, taches brunes non identifiées, un vrai nid à germes ! Je prends mon courage à deux mains, j’essaye d’essuyer tant bien que mal ma place avec une lingette et je m’installe enfin. Je n’ai jamais cru un jour devoir essuyer ma place dans un avion !! Après avoir eu la mésaventure d’entrebâiller le compartiment des magazines devant moi et trouvé quelques dizaines de chewing-gums bien scellés aux parois, et après des minutes interminables d’attente, le pilote nous annonce le décollage avec un peu de retard et nous entreprenons enfin notre vol pour Paris.

Pendant le vol :

Je ne sais pas si vous avez eu le malheur de goûter aux sandwichs rassis qu’on a donnés aux passagers pendant des mois... moi oui ! Mais cette fois-ci, ça sentait la bouffe à bord, ce qui m’a honnêtement fait plaisir, je me suis dit qu’on aurait au moins droit à un truc correct dans tout ce désastre ! Eh ben non, détrompez-vous, voilà ce qu’il y avait exactement dans le plateau-repas : un petit ravier avec trois morceaux de pomme de terre sur une feuille de salade noircie, un ravier avec un gâteau à la génoise et au glaçage d’une couleur suspecte, un grand ravier chaud avec des pâtes jaune vif collées entre elles et figées durement à l’aide d’une sauce bolognaise rouge sang, une barquette de beurre et un morceau de pain dur comme un roc... Quand j’ai cherché le sel pour essayer de goûter à tout ça, on m’a répondu avec un naturel exaspérant qu’il était en rupture de stock !

J’ai alors renoncé à tout espoir, mis mes lunettes de soleil et essayé de faire un petit somme en attendant de sortir de cette machine infernale !! Mais au bout de quelques minutes, on nous annonce que la vente à bord va commencer. A ce sujet : est-ce que vous saviez qu’il y avait une astuce pour trouver ce que vous voulez à bord ? Il y en a une : celle d’appeler quelqu'un du personnel de bord juste au début du vol pour qu’il cache ce que vous souhaitez acheter car ils n’ont encore une fois jamais de stock ! Pour les bonbons, il y a un seul paquet par marque, pour les bouteilles, c’est au pif, parfois il y en a, parfois non, pour les cigarettes, il faut la plupart du temps acheter de force deux cartouches et pour les parfums, c’est aussi de la chance qu’il faut avoir ! C’est tout simplement un jeu vicieux et vous n’êtes pas forcement gagnant à tous les coups !

Suite au passage du « chariot aux trésors », je décide d’aller au lavabo pour me rafraîchir. Arrivée à un mètre de ma destination, j’ai été carrément agressée par une espèce de puanteur insupportable qui sortait des toilettes. Le monstre suprême des mauvaises odeurs avait pris possession de l’intérieur comme de l’extérieur. Par curiosité j’ai voulu quand même entrer voir, c’était le spectacle le plus dégueulasse qui m’ait été donné de voir ce jour-là: du papier qui bouchait les toilettes avec des traces d’excréments, des serviettes sales jetées partout par terre et un lavabo qui présentait les mêmes symptômes que les fauteuils de l’avion… Je me demande comment ils font pour travailler dans ces conditions ? Comment peuvent-ils laisser les choses se dégrader de la sorte ! N’est-ce pas la première chose que les touristes voient de notre pays ? Quelle image voulons-nous donner avec un spectacle pareil ?? Je suis retournée à ma place dégoûtée et je ne pensais qu’à une seule chose : arriver !

Au retour :

Je ne serais pas longue pour cette partie, car le vol s’est passé exactement dans les mêmes conditions désastreuses du premier, aucune différence !

Arrivée à l’aéroport Tunis-Carthage, je descends de l’avion après avoir attendu encore et encore que les bagages à main soient récupérés par leur propriétaire, et d’un coup, tout le monde se met à courir. Je ne sais pas si c’est pour fuir ce vaisseau de malheur ou si c’est pour arriver en premier devant le douanier mais ça court vite ! Passé le contrôle de police que je soupçonne à chaque fois de me voler mes timbres de voyage (chose que j’ai vécue à trois reprises), je me dirige vers le détecteur de métaux qui sonne à chaque passage mais là, il n’y a presque personne sinon un douanier assis sur sa chaise qui vous fait systématiquement le signe de passer avec une main qui bouge à peine, à croire qu’on est dangereux seulement quand on sort du pays…

J’arrive enfin devant le tapis des bagages avec mon chariot à attendre qu’on veuille bien cracher ma valise et qu’on en finisse. Mais là aussi, il s’avère que je prends mes rêves pour des réalités, certes ça tourne, mais dans le vide, et ce, pendant, tenez-vous bien, une heure et demie. A la fin, il a fallu qu’un des passagers exaspérés entre par la trappe du tapis roulant et fasse un scandale aux bagagistes pour qu’ils daignent faire leur boulot. Ils étaient apparemment debout tranquillement juste à côté de nos valises… Sabotage ou fainéantise ?? On ne le saura jamais !!!

Voilà comment s’est déroulé mon dernier et ultime voyage à bord de Tunisair. Deux seuls mots me reviennent : honte et déception !!!

Et en ce qui concerne l’aéroport Tunis-Carthage : nous Tunisiens sommes bien obligés d’y passer mais croyez-moi, les étrangers et les touristes se passeront bien de nous !!

Et dans ce cas-là, c’est l’habit crasseux qui fait le moine !

A bon entendeur…

Neila Azouz 
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