Projection en avant-première du court-métrage 24 vérités de Sélim Gribâa

Quand la réalité épouse la fiction

Avant-première à l’espace El Hamra  du court-métrage  24 vérités  de Sélim Gribâa

Quand la réalité épouse la fiction

Une projection en avant-première du court-métrage : « 24 vérités » du réalisateur tunisien Sélim Gribâa a eu lieu le 17 mai en soirée à l’espace « El Hamra », à Tunis-ville, en présence d’un public nombreux.

Ce film est un thriller psychologique de 14 minutes qui surprend et ne laisse pas indifférent. Le vrai cinéma ne doit-il pas surprendre de nos jours ? Le titre du film, « 24 vérités », fait allusion, tout d’abord, à la notion du cinéma dans la mesure où il renvoie à l’image cinématographique qui est de 24 images par seconde. Ensuite, il reprend à l’envers et comme l’a expliqué le réalisateur au cours du débat qui a suivi la projection, les propos du réalisateur français Jean Luc Godard qui a dit que le cinéma, « c’est 24 fois la vérité par seconde. »


Notre réalisateur l’a inversée en « 24 mensonges. » Et c’est comme si Sélim Gribâa voulait absolument tourner son spectateur en dérision à travers ce thriller psychologique déroutant et insaisissable, avec le cinéma dans le cinéma. Nous n’allons pas raconter ce film court qui en dit long sur l’émotion que peut provoquer le cinéma. L’idée essentielle apparait presque à la fin de l’histoire, une clé de voûte où le personnage principal, Mourad, un cinéaste en herbe et pas comme les autres, rôle joué aisément par Majd Mastoura voit le cinéma autrement.

Il se place de l’autre côté pour observer les visages des spectateurs. Il les regarde, car son problème à lui réside dans le fait « qu’il a du mal à ressentir les émotions que peut provoquer le cinéma ! » De quel cinéaste s’agit-il ? Et d’un autre côté, il y’a l’unité du lieu. Le film a été en effet tourné dans le cabinet d’Asma Béji, une jeune psychanalyste, un rôle interprété savamment et naturellement par Sawsen Mâalej. La fin du film est une double chute inimaginable et intrigante.

Un troisième personnage, celui d’une spectatrice, rôle joué avec force par Cyrine Gannoun, explique au mieux les choses et par images interposées. « 24 vérités » a été un peu trop court pour plusieurs spectateurs qui l’ont fait savoir durant le débat. Le réalisateur Sélim Gribâa a répondu qu’il prépare déjà un long-métrage dans le même genre.

Les spectateurs en seront certainement rassasiés. Et aussi bien le réalisateur que Cyrine Gannoun ont rappelé durant le même débat que ce court-métrage, coproduit par Sélim Gribâa (Intage Production) et Riadh Thabet (Ulysson), a été tourné à l’espace El Hamra, un hommage à cette bonne vieille salle de cinéma, la seconde salle de cinéma crée en Tunisie.





B.L.