« Jet Set Magazine » a vu en exclusivité « Les épouvantails » de Nouri Bouzid au festival international du film francophone de Namur

A la recherche d’un humanisme effrité


« Jet Set Magazine » a vu en exclusivité « Les épouvantails » de Nouri Bouzid au festival international du film francophone de Namur

A la recherche d’un humanisme effrité

« Arais al khaouf » (Les épouvantails », le nouveau long- métrage de fiction de Nouri Bouzid concoure pour le Bayard d’or de la compétition officielle de la 34è édition du festival international du film francophone de Namur (FIFF, 27 septembre- 4 octobre 2019.) Il y a été projeté en vision de presse le 29 septembre.

« Jetset Magazine » a vu ce film poignant et entassé d’émotions. Nous y trouvons et retrouvons le discours frontal de notre réalisateur qui ne va pas par quatre chemins pour dire, témoigner indirectement et rappeler des horreurs commises par la Troika au lendemain de la révolution tunisienne, ici en 2013. Nouri Bouzid focalise sur le destin tragique et douloureux de deux jeunes filles tunisiennes « Zina « et « Djo » emmenées de force pour combattre en Syrie en mode « Djihad sexuel. » Une horreur en somme.

Rentrées en Tunisie, portant chacune sa fêlure, elles sont tristes et révoltées à mourir. Elles seront recueillies et secourues par une avocate et une femme médecin humanitaire. Mais la société refuse de les accepter. Leur lourd combat sera principalement porté par l’avocate. Mais elles ne veulent point raconter leur secret. Et sans raconter le film, « Zina » se lie d’amitié avec Driss, un homosexuel. Le vrai amour physique tardera encore à apparaître. Le réalisateur Nouri Bouzid continue à traiter de sujets tabous pour dire haut et fort ce que d’autres, voire la majorité de la société tunisienne pense tout bas.

Mais ce qui frappe le plus dans ce film, c’est la haine et l’indifférence que porte cette même société à ces femmes victimes de séquestration et de viol et hors frontières, de surcroit. La caméra de Bouzid offre à voir des plans rapprochés pour exprimer le plus et au mieux le désarroi et la tristesse. Des sentiments partagés pour un éventuel réconfort. La narration se construit à partir de faits ayant marqué l’actualité à l’époque de 2013, comme les ligues de défense de la révolution, à obédience islamiste intégriste.

B.L.