Exposition-hommage à la « Dame de Carthage » à la galerie Essaadi

Un chant pour la femme.

Exposition-hommage à la « Dame de Carthage » à la galerie Essaadi

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Un chant pour la femme

Fidèle à son rendez-vous annuel pour célébrer la femme à l’occasion de sa fête nationale du 13 août, la galerie Essaadi à Carthage Hannibal organise depuis le 9 et jusqu’au 24 août une grande exposition d’œuvres de femmes plasticiennes appartenant à plusieurs générations.

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Elles rendent hommage à Eve avec un clin d’œil à la « La Dame de Carthage », la mosaïque romaine découverte en 1953 lors de fouilles sur le site archéologique de Carthage représentant une femme romaine. Cette mosaïque date de la période se situant entre le cinquième et le sixième siècle de notre ère. Elle est d’ailleurs conservée au Musée national de la cité d’Elyssa jouxtant l’actuel Acropolium.


Avec une cinquantaine d’œuvres en peinture, en photos, en sculptures, en céramique et en installations, l’exposition chante la femme, certes, mais invite le visiteur à réfléchir sur la situation actuelle de la femme en Tunisie. Les participantes sont tunisiennes, mais aussi tunisiennes de cœur et d’origine taiwanaise, comme Manling Chen avec « Nidification » et le « Double « Je », autrichienne, comme Sybille Pfeiffer, ancienne Consul d’Autriche en Tunisie qui a beaucoup voyagé. Elle est « Entre attente et espoir, « Résistance », « Aspiration » et « Convoitise » et allemande, comme Guerti Ben Youssef.

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Cette dernière s’attache aux aspects traditionnels de la femme tunisienne, mais également à sa beauté. Quant à Leïla Damak, elle est une revenante à la galerie, car elle enseigne actuellement à Lille, en France. Elle propose un diptyque où la femme est entre ou hors filet. Les artistes exposantes sont professionnelles ou autodidactes et sont au nombre de 24. Maha El May expose deux photos, celles de statues-pièces de musée où la femme n’est pas en reste. Rym Ben Slama y donne à voir des portraits d’elles. Hajer Ben Fadhel et dans un autre style, représente d’autres portraits de « Bint Eddakhla » et de la Djerbienne.

Les œuvres de Lilia Ben Jabbès représentent l’abstraction et la vapeur. Naïma Zoghlami Chehata dépeint l’aspect Amazigh de la femme. Faouzia Dhifallah représente entre autre « La machine du bonheur. » Sonia Ismail recherche dans la rêverie et la présence. Samah Ben Jaafar insiste sur la maternité. Quant à Sawsen Hadrich, c’est la clairvoyance et la renaissance dans un sens psychédélique, une corrélation entre les sens et les activités psychiques. Sarra Ben Aïssa représente « sa » Tunisie à elle. De son côté, Lilia Mahjoub va chercher la femme au marché avec des personnages représentés telles des ombres.

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Soumaya El Memmi surprend agréablement notamment avec sa « Marine. » Chérifa Ben Khalifa propose des céramiques. Kaouther Bouzaiane y propose une œuvre originale sous le titre de : « Espoir après désespoir. » Sonia Lakhoua sans donner de titres à ses tableaux recherche dans la voie de l’esthétique. Raja Kaak innove dans « Re-View. » Et entre sculpture et installation, Najet Gherissi représente un « Journal » ou plutôt son lecteur en position assise. Olfa Ben Salha donne à voir ses céramiques sur la femme libérée ou en proie aux cadenas. Enfin Samah Rahmouni avec une autre céramique, nous ouvre le livre menant à un voyage vers l’au-delà.

Une exposition qui mérite amplement le déplacement.
B.L.