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La thématique de l’immigration par voie artistique
Une exposition fort intéressante réunissant des peintures et des photographies d’un groupe de treize artistes plasticiens venant de onze pays méditerranéens et placée sous l’intitulé de : « Mirage d’espoir » se tient actuellement au Sheraton Tunis HÍ´tel.
Co-organisée par le bureau de Tunisie de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le ministère des affaires culturelles, cette exposition est en phase avec le flux de migrations diverses qui a lieu par voies terrestres et surtout maritimes. Des masses de gens qui fuient les conflits entre la population de leur propre pays, ou la menace d’une occupation par un pays voisin, ou même Í la recherche d’un brin d’espoir sur une autre rive Nord ou Sud de la Méditerranée sur des embarcations de fortune, surpeuplées et Í haut risque. 
Lorena Lando, Chef de Mission de l’OIM Tunisie dit en substance dans sa présentation de cette exposition : « L’art et la migration transcendent les frontières : frontières culturelles, frontières linguistiques, frontières sociales, frontières idéologiques, etc. Les artistes peuvent nous amener Í nous interroger sur notre relation Í l’Autre en nous montrant le point de vue de ceux qui ne peuvent pas l’exprimer, en nous montrant l’invisible ou encore en facilitant les échanges interculturels.»
De son cÍ´té, Michela Margherita Sarti, Commissaire de cette exposition et artiste plasticienne rappelle dans son mot de présentation dit particulièrement : «Mes choix par rapport Í la thématique de l’immigration se sont concrétisés suite Í plusieurs voyages, des rencontres… J’avais demandé aux artistes de créer des œuvres qui devraient ressembler Í des documentaires sentimentaux et faire en sorte que le spectateur s’identifie aux histoires qu’ils lui ont proposées. »
Omar Bey avec son œuvre : « Le passeur », en fil de fer sur bois, vient résumer les arnaques que subissent les candidats Í l’immigration clandestine sur mer. Teresa Caneiro, du Portugal, exprime la rénovation en technique mixte sur bois stratifié en expliquant l’absurdité des chemins choisis. Et par photo interposée, Marianne Catzaras nous transporte en haute mer comme l’intitulé de son tableau en composition numérique sur papier fine art. Des hommes rêvent d’un avenir meilleur alors qu’ils sont enfermés tels des oiseaux dans une cage.
Et le visiteur restera avec les oiseaux avec L’Homme Jaune, le pseudonyme d’un artiste algérien qui intitule son œuvre Í l’acrylique sur toile: « Comme un oiseau. » Il aurait aimé être un oiseau pour voyager librement sans l’obligation de fournir plusieurs documents. Quant au marocain Mohamed Elouanti, il raconte « La danse du destin » Í l’huile sur toile avec en filigrane un appel Í rester en mouvement. Et Í l’huile sur toile, Gulin Hayat Topdemir, de Turquie, peint « The new colossus » avec un message d’espoir et de lumière.
Lisa Perini, d’Italie, et en technique mixte sur toile, dessine un nouveau paysage en marche vers l’espérance. Ives Gobart, de France, propose un tableau sans titre Í l’huile sur toile qui dit tout et presque sur une situation tragi-comique. L’espagnol Nacho Martin Silva exprime-t-il la « Fascination » des migrants par l’autre rive ? L’égyptien Wael Darwesh nous dit que les racines ont des ailes en technique mixte sur toile. Le tunisien Walid Ardhaoui avec « Isthmus » également avec la même technique précédente raconte les rêves du partir ailleurs Í travers un isthme.
Quant Í Austin Camilleri, de Malte, peint une partie d’un voyage et d’un déplacement de fantÍ´mes sous le titre de : « Ghost Constellation.» Michela Margherita Sarti (Italie-Tunisie), sa création exprime l’absence de limites dans sa pensée, ses espoirs et ses amours.
Une exposition qui mérite le déplacement et qui s’affiche dans un lieu de rencontres cosmopolites, un carrefour de rencontres, de va et de vient, le Sheraton Tunis HÍ´tel.
B.L.