Exposition « Post-Prod » au Musée Safia Farhat à Radès

Les sens et la convivialité

Exposition « Post-Prod » au Musée Safia Farhat Í  Radès

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Les sens et la convivialité
C’est une grande exposition de groupe portant le titre de : « Post-Prod » et qui regroupe pas moins de 22 artistes plasticiens et photographes de plusieurs générations et différents bords qui se tient durant ce mois d’avril 2019 au Musée Safia Farhat Í  Radès.


Un événement artistique qui en est Í  sa seconde édition, étant donné que la première s’est tenue en 2018. Le titre est certes emprunté Í  une phase du processus de production d’un film. Mais ici, il s’agit d’un argument qui a été proposé aux artistes participants d’après « Postprod » du critique d’art français Nicolas Bourriaud dans le but de « créer Í  partir d’outils Í  utiliser, de stocks de données Í  manipuler, Í  rejouer et Í  mettre en scène. »

Et dans son texte de présentation de cette exposition, la plasticienne et universitaire Aͯcha Filali, explique qu’il s’agit de « faire avec ses démons, ses moyens, son horizon de pensée, sa conception fuyante de l’art de nos jours, ses doutes, ses outils, ses apories, l’imposture du dit « contemporain », les signes d’ici et de maintenant, les limites de son champ de vision, de connaissance, de compétence, sa dextérité, ses connexions, voire ses déconnexions. »

Pour Abdesselem Ayed, il s’agit de représenter en papier maché le « Corps-Paradoxe » en fragments et en entitées sectionnées. Farah Ben Mansour propose Í  l’encre sur papier sous le titre de « Faire. Art. Voir. » Ce qu’est devenu l’art aujourd’hui, lÍ  o͹ la « production » et la « consommation » de l’art se banalisent. Quant Í  Mohamed Ali Berhouma, et avec « Pellicula » il met en scène « la chair des images » avec un détail de la table de travail.

Mohamed Ben Soltane, Í  l’acrylique et pochoir sur toile, évoque le « Post-Abdelliya » pour revenir sur l’affaire qui remonte Í  2012. Le photographe Omar Bsaͯes établit sous l’intitulé de : « M3IZ » (Chèvres) le parallèle entre des bêtes dans leur étable et la captivitté de l’homme dans sa société. Slimen Elkamel, Í  l’acrylique sur toile et aux techniques mixtes, raconte les villes avoisinantes ou l’être humain comme il est aujourd’hui.

Aͯcha Filali, de son cÍ´té, en photo , collage numérique et plexiglass expose une installation murale o͹ la viande crue du boucher et sous le titre de : « M’Fawar » est collée Í  des photos de têtes humaines. Les portraits d’Emna Ghezaiel réalise différents portraits en utilisant plusieurs matières comme le cuir, le feutre et le fer et en racommodant des tissus récupérés. Slim Gomri réalise des photomontages avec le détail de l’oiseau pour tenter d’apprivoiser les époques et les hommes, l’actuel et l’antique.

Pour Adnène Haj Sassi, ce sont des « Clins d’oeil » Í  l’huile sur toile pour peindre « un auto-portrait dont l’histoire de l’art est la toile de fond », comme il l’explique lui-même. Besma Hlel présente une installation en technique mixte sous le titre de : « La boite noire. » LÍ  o͹ les images dialoguent et se confrontent. Et Í  l’acrylique sur toile, Imed Jemail nous invite Í  regarder l’«Outreciel » avec un bleu outremer pour « instruire des constellations, des noeuds et des mailles. »

Nadia Jelassi, en technique mixte sur bois, présente un « Méchoui Sutra » qui « se veut comme une sorte d’aphorisme joyeux autour du désir amoureux » non sans rappeler la sexualité du Kamasutra. Hédi Khélil, au crayon sur papier, nous offre Í  contempler une « Nappe japonaise et objets » pour une esthétisation de l’objet industriel. Sadri Khiari nous offre « Le collier de Chanvre » au crayon sur papier. Un dessin caricatural sur le pouvoir de la femme sur l’homme.

Les autres oeuvres appartiennent Í  Atef Maatallah, Insaf Saada, Ashraf Messaoudi, Nebil Saouabi, Jneina Messaoudi, Ikram Tira, Nadya Zarrougui, avec toujours autant de recherche, que de talent. Une belle exposition Í  voir absolument.






B.L.