Un déchirement entre tradition et modernité
Dans une chorégraphie et une interprétation de l’artiste togolais Kossivi Sénagbé Afiadegnigban, le spectacle-solo : « Entre ciel et terre » a été donné le 18 juin Í l’Espace « El Hamra » dans le cadre de la seconde édition des Journées chorégraphiques de Carthage (14-20 juin 2019.)
Ce spectacle tient Í « questionner une identité perdue ou actuelle révélatrice de l’Africain d’aujourd’hui étant donné que la jeunesse africaine vit un conflit intérieur et sociétal dans son envie de retrouver ses racines pour évoluer dans ce monde en mutation. » Il s’agissait également de poser la question suivante : « Comment évoluer entre un ciel empreint de réalités modernes ? Tout en étant attaché Í une terre intrinsèquement liée aux ancêtres et Í la tradition ? »
Nous étions entrés dans une salle plongée dans la pénombre. Un brin de lumière nous permettait de trouver les fauteuils. Mais, attention ! Il ne fallait pas piètiner le danseur qui était allongé le ventre sur l’allée. Nous étions déjÍ dans le spectacle qui allait démarrer crescendo en même temps que la lumière tamisée qui se faisait enfin voir. Kossivi Sénagbé Afiadegnigban commençait Í bouger et Í bougeotter feignant de se relever mais revenant toujours Í sa position initiale. Il lui a fallu près d’un quart d’heure pour gagner péniblement les marches menant Í la scène après un long combat entre son corps et la terre.
Une symbolisation du conflit intérieur et sociétal, comme indiqué auparavant. C’est également la métaphore de l’attachement inconditionnel aux racines et aux traditions Í´ combien préservées en Afrique subsaharienne. Le jeu du danseur-chorégraphe occupait toute la scène dans des va-et vient, des danses, des mouvements en exercices de styles et des chants dans le dialecte du pays. L’évolution des faits est celle de la vie de cet homme et de la nécessaire mutation qu’il doit subir et inventer. Et dans une nouvelle logique de vie, il doit se mettre torse nu et s’adapter Í sa nouvelle vie.
« Entre ciel et terre » est une symbolique de la réalité de la vie de l’homme africain d’aujourd’hui qui se pose des questions et a du mal parfois Í quitter ses origines.
B.L. .