Evénements/ Avant-première au « Ciné-Madart » des « Baliseurs du désert »  de Nacer Khemir 

Une projection en avant-première de la version restaurée et numérisée du premier long-métrage du réalisateur tunisien Nacer Khemir

Avant-première au « Ciné-Madart » des « Baliseurs du désert »  de Nacer Khemir

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Le mythe pour dire la réalité

Une projection en avant-première de la version restaurée et numérisée du premier long-métrage du réalisateur tunisien Nacer Khemir : « Al Haimoune » (Les baliseurs du désert) a eu lieu le 11 octobre au Ciné Madart Carthage. Ce film sortira sur nos écrans le 17 octobre.
Une soirée de retrouvailles entre quelques membres des équipes de production et des techniciens, de découverte de ce film par les générations d’aujourd’hui (il y’avait, en effet, dans la salle plusieurs étudiants en cinéma) et de redécouverte pour ceux qui l’avaient vu aux 10è Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en 1984 o͹ il avait reçu le prix de la première œuvre. Ce film n’était jamais sorti dans les salles en Tunisie. En 2017, la Mostra de Venise a sélectionné « Les baliseurs du désert » dans sa section « Classici » parmi un programme o͹ figuraient des films d’Antonioni, de Spielberg, de Godard, d’Ozu, de Mizogushi…C’est dire toute la valeur esthétique et singulière de ce film qui reste énigmatique.
On pourrait le lire Í  plusieurs niveaux. Mais Nacer Khemir est catégorique, car il a déclaré avant la projection qu’il s’intéresse au « Batin », Í  la partie intérieure des êtres et des choses, Í  l’opposé du « Dhaher », l’apparent. « Son cinéma de l’invisible » invite, en effet, Í  réfléchir sur des problèmes actuels de la société tunisienne sous la forme d’une histoire truffée d’énigmes. Cette dernière n’est en fait qu’un prétexte pour mettre Í  nu des vérités et des réalités aberrantes. Cela se passe dans un univers o͹ tout ou presque reste impossible, o͹ la vie est impossible. Trente quatre ans après, le film demeure d’actualité avec les deux autres films qui en font une trilogie, Í  savoir : « Le collier perdu de la colombe » et « Bab’Aziz-Le prince qui contemplait son ame. »
Le jeune instituteur dans « Les Baliseurs du désert » a été désigné pour enseigner dans un village perdu au Sahara o͹ il n’y a pas d’école ! Seuls les enfants et les vieux y habitent, car les hommes sont partis Í  la recherche d’une autre vie, d’un trésor ? Ce dernier hante également les habitants de ce village. Ils sont partis tout simplement pour sortir de leur quotidien morose. Ce sont les baliseurs du désert dont on ne voit que l’ombre dans un tourbillon de poussière. La fin du film reste ouverte avec une succession de disparitions d’autres hommes dans le désert !

B.L.