Avant-première de « Papillon d’Or » d’Abdelhamid Bouchnak

La sortie nationale de « Papillon d’Or » aura lieu le 07 novembre. Et ce dans toutes les salles de la République. Dans le cadre des JCC, le film

Avant-première de « Papillon d’Or » d’Abdelhamid Bouchnak

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La sortie nationale de « Papillon d’Or » aura lieu le 07 novembre. Et ce dans toutes les salles de la République. Dans le cadre des JCC, le film sera diffusé au Théâtre de l’Opéra (le 1er novembre à 18h), aux cinémas ABC et Rio (le 2 novembre, respectivement à 15h et à 21h) et à l’Alhambra à la Marsa (le 3 novembre à 17h).la sortie nationale de « Papillon d’Or » aura lieu le 07 novembre. Et ce dans toutes les salles de la République.



Par ailleurs, Abdelhamid Bouchnak a écrit et réalisé ce long-métrage de fiction (92′), du genre Drame fantastique. Shkoon Production a produit le film en question. Hakka Distribution assurera sa distribution. Abdelhamid Bouchnak est en même temps le réalisateur et le producteur de son film, avec Omar Ben Ali, Mohamed Frini et Hamza Bouchnak en tant que coproducteurs.

A l’affiche du film, le trio Fethi Haddaoui, Mohamed Souissi et Rayen Dhaouadi. Le casting réunit une pléiade d’acteurs tunisiens dont Hela Ayed, Brahim Zarrouk, Rabeb Srairi et Ikram Bakkouri.

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SYNOPSIS

Moez, policier trentenaire au passé sanglant, rencontre un petit garçon avec qui il entreprend un voyage fantastique ...

BIOGRAPHIE DU RÉALISATEUR

ABDELHAMID BOUCHNAK est un réalisateur et scénariste tunisien. Né à Tunis en 1984, il suit des études de cinéma à Tunis et à Montréal. En 2018 il est révélé grâce à DACHRA, film de clôture de la Settimana Della Critica à la Mostra de Venise. Auto-financé et autoproduit, DACHRA bat des records de box office en Tunisie. PAPILLON D’OR est son deuxième long-métrage.


ENTRETIEN AVEC ABDELHAMID BOUCHNAK

Comment vous est venue l’idée du film ?

Le scénario du film a été écrit en 2008. je me suis inspiré d’une histoire vécue dont notre famille dont j’étais témoin. Un de mes proches souffrait d’une maladie des yeux et les médecins superviseurs ont admis qu’il allait perdre la vue graduellement au fil des années. Lorsque nous l’avons appris, je me suis posé une question: "Que devait voir cet enfant avant qu’il ne perde complètement la vue?" L’aspect fantastique du film est apparu il y a seulement deux ans, j’avais envie que l’enfant voie des scènes qu’il n’a jamais vues de sa vie et qu’il ne verrait probablement jamais.

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La relation père-fils, un sujet axial dans le film...

Il s'agit de la relation d’un père et son fils dans un contexte spécifique, le monde arabo-musulman. Nous savons très bien que notre relation avec nos parents est très compliquée. Par exemple, nous n’exprimons notre amour qu'après leur mort et nous intériorisons cette idée dès notre enfance. Je pense toujours à ce paradoxe et je voulais le traiter dans mon film, non seulement dans la relation de Moez avec son père, mais aussi dans la relation entre sa sœur, Amina, avec ce père autoritaire. Qu’est-ce qui a poussé Amina à abandonner sa vie sans penser à son avenir ou à se marier, par exemple, pour consacrer tou son temps à s’occuper d'un père qu’elle n’avait aucune raison d’aimer ?
Je voulais qu’on réfléchisse ensemble à travers le film sur la complexité qui accable notre relation avec nos parents.

Comment avez-vous écrit le personnage d'Abdelwahab et comment le voyez-vous aujourd’hui après avoir terminé le film ?

Je comprends très bien Abdelwahab, je sais très bien pourquoi il a fait tout cela, mais je ne peux jamais justifier ce qu’il a fait. Il y a beaucoup de confusion que nous pouvons ressentir quand nous apprenons à connaître l’histoire de quelqu’un.
C’est un personnage complexe. D’un côté, il est très dur et irresponsable, et de l’autre, il a essayé tout seul de faire sa propre carrière, donc, malgré tout ce qu’on peut ressentir envers lui, on ne peut jamais le mépriser.

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Quand on voit PAPILLON D’OR, on comprend à quel point vous vous investissez dans le côté humain dans vos films.

C’est ce qui m’intéresse le plus dans mon travail, car je considère que la vie est trop complexe pour pouvoir juger les gens sans connaître leur vie. Par exemple, Abdelwaheb est quelqu’un que nous pouvons haïr mais à qui nous pouvons pardonner à la fin.
Quand nous voyons les remords sur son visage, nous ne pouvons qu’être confus. Personne n’accepterait de voir son père dans cette situation.
Abdelwaheb est victime d’un système dysfonctionnel, et dans le film, il y a une référence au travail des commissions artistiques et des décideurs, ceux qui décident si l’artiste doit vivre de son art ou pas.

En effet, dans le film, vous nous avez montré le personnage d’un artiste déchu du point de vue de l’État. Est ce une manière de confronter vos propres peurs?

Bien sûr. Je suis très soucieux de l’idée d’être oublié, et qu’on ne parle plus de moi. Moez était le seul public de Abdelwaheb, et peut-être que s’il n’avait pas exprimé cette joie et cette fierté en regardant ses spectacles, Abdelwaheb aurait choisi une autre profession.
Pour tout cela, peut-être pour d’autres raisons, Abdelwaheb a en quelque sorte puni son fils. En Tunisie, nous devons tellement nous battre pour nos rêves. L’artiste a constamment besoin d’être reconnu et il ne peut pas vivre sans cette reconnaissance. Un artiste qui passe sa vie dans l'anonymat vivra très triste. Le but de l’artiste est d’être dans l’esprit des gens.
Je refuse totalement l’idée que des gens décident à la place des autres, surtout des artistes. Personne n’a le droit de décider si quelqu’un est artiste ou pas.

Il y a une sorte de jeu avec le public dans l'écriture du personnage de Moez. Comment avez-vous écrit ce personnage et que vouliezvous que nous ressentions envers lui à la fin ?

Abdelhamid Bouchnak est un réalisateur, et j’annonce mon retour au cinéma dès le premier plan. Dans Dachra, j’ai égorgé un petit garçon, et dans PAMPILLON D’OR je commence par crever les yeux d’un homme. C’est un discours adressé au public auquel je demande dès le premier instant de se concentrer sur le film, en laissant de côté toutes les attentes. Pour moi, montrer le film au public tunisien, c’est le montrer au monde entier.
Le personnage de Moez a été écrit pour être d’abord détesté afin qu'ensuite nous apprenions peu à peu à sympathiser avec lui pour finalement l’aimer. Tout ce qu’il avait vécu dans sa vie ne pouvait que faire de lui cette personne de ce tempérament. Je parie ici sur la capacité humaine de pardonner et d’oublier. Notre mémoire est vraiment très courte.

Comment avez-vous découvert Mohamed Souissi qui n'avait jamais joué auparavant ?

Mohamed Souissi est un technicien de son dans l’espace Teatro, et il est apparu avec moi dans BONBON dans un rôle secondaire.
Au cours de cette expérience, j’ai remarqué que Mohamed était très à l’aise avec la caméra. Quand j’ai écrit le personnage de Moez, j’avais besoin d’un acteur de grande taille pour jouer Moez, et après avoir pensé à pas mal de noms, il a été choisi.

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Comment avez-vous choisi Ibrahim Zarrouk, surtout après sa longue absence des écrans ? Et comment avez-vous dessiné ce profil étrange ?

Je l’ai choisi parce qu’il a un visage très spécial et humainement j’ai découvert quelqu’un de merveilleux. Mondher est très jaloux. Il a une histoire avec Moez que je ne voulais pas dévoiler. J’ai laissé le public deviner.
C’est comme un joker pour moi, et c’est mon joker dans le film. Mondher représente tout ce qui ce que la vie peut porter de mauvais.
Son personnage est également extrêmement complexe, peut-être le plus inhabituel des personnages du film.

Comment avez-vous rencontré Rayen Daouadi?

Rayen a joué avec moi dans BONBON, et c’est l’enfant qu’on voit sur l’affiche de DACHRA. Les traits de Rayen sont très particuliers, il est aussi très à l’aise avec la caméra et c’est ce qui m’a impressionné.

Il a bien compris le sens du film et celui de son personnage.

Parmi les personnages fantastiques, nous retrouvons le défunt artiste Najib Khalfallah. Comment l’avez-vous rencontré ?
Tellement heureux de cette collaboration. Nejib était mon enseignant au Teatro. Je cherchais un corps de danseur et je l’ai choisi pour la spécificité de sa gestuelle. C’est un grand artiste et il y a beaucoup de ressemblances entre son expérience dans la vraie vie et son personnage dans le film, c'est un artiste surdoué mais oublié. Lui aussi avait les ailes cassées.

Comment avez-vous travaillé sur les scènes fantastiques du film ?

Tous les tableaux sur lesquels nous avons travaillé dans le film sont des scènes que j’ai toujours rêvé de voir et je pense que ce sont des rêves communs. Qui ne voulait pas voler ou avoir des ailes ? Pourtant, je ne voulais pas que ces images soient plongées dans l’idéalisme et je voulais garder l’aspect réel de ce monde fait de pure imagination. On peut remarquer par exemple que les ailes de Najib ne sont pas des plumes, elles sont délabrées et blessées, tout comme les yeux de Souad. Il me fallait chercher la rareté et la singularité de tous les personnages et je ne voulais en aucun cas créer une beauté trompeuse et fausse. Je pense que les personnages du film sont similaires à la Tunisie, très beaux mais marginalisés et oubliés.

Il y a plusieurs univers visuels dans le film, comment ont-il été conçus et réalisés ?

Avant de filmer, j’ai beaucoup travaillé avec Hatem Nechi, le directeur de la photographie et Fatma Madani, la décoratrice et j’ai voulu souligner l’aspect effrayant et attrayant en même temps.
Rien ne prouve que nous sommes en Tunisie, sauf la langue. C’est un film universel, mais j’ai mis une touche tunisienne dessus, comme les chansons de Ali Riahi le matin. J’ai créé un restaurant de Lablabi, je voulais vraiment filmer autour du lablabi, mais la boutique ne ressemble en rien à ce genre de restaurant que nous voyons en Tunisie. J’ai beaucoup joué dans le film, surtout pendant le voyage de Moez avec le gamin dans le monde fantastique, je ne voulais pas me poser de limites et je suis allé à l’extrême de la déformation de la réalité avec Hatem Nechi.

La musique joue un grand rôle dans le film.

Hamza Bouchnak ! Je suis très chanceux de l'avoir avec moi, pour son talent exceptionnel. Nous avons cherché ensemble à partir de plusieurs références musicales, mais finalement nous avons pensé que nous devions créer une musique qui ne s’inspire que du film et de son histoire.

Comme dans DACHRA, vous avez pris beaucoup de risques dans PAPILLON D’OR.

C’est le travail d’une équipe entière. Je ne fais que présenter l’idée et expliquer ma propre vision pour la mise en œuvre pour laisser aux spécialistes le champ pour créer ces mondes avec leurs propres sensibilités et méthodes. Dans DACHRA, j’ai pris beaucoup de risques et dans PAPILLON D'OR, j’ai choisi de ne pas travailler sur un genre cinématographique particulier, mais sur un genre hybride qui combine différents mondes sans mettre de frontières entre la réalité et la fiction.
C’est mon deuxième film et je connais très bien le syndrome du deuxième film, que nous avons tellement peur de rater. PAPILLON D'OR est l’expérience la plus difficile de ma vie, au cours de laquelle j’ai travaillé sur le sujet de la colère, qui est l’une des thématiques les plus difficiles en écriture et traitement dans le cinéma, il y a aussi beaucoup d’amour dans le film et c’est mon plus grand pari.