Film d’ouverture des JCC, « Apatride » de Narjes Najjar (Maroc)

Après les fastes de la cérémonie d’ouverture, le tapis rouge avec son cortège de glamour, de robes et de costumes « dernier cri »

Film d’ouverture des JCC, « Apatride » de Narjes Najjar (Maroc)

Une aventure ambigͼe

Après les fastes de la cérémonie d’ouverture, le tapis rouge avec son cortège de glamour, de robes et de costumes « dernier cri », ses joies et ses retrouvailles, le film d’ouverture des JCC 2018 : « Bila Maouten » (Apatride), de la marocaine Narjes Najjar était projeté hors compétition.

Il était venu Í  contre-courant de ces instants de rêves. Fallait-il voir la vie en face et avoir les pieds sur terre, semblait nous murmurer ce film qui évoque un sujet politique sur fond de tristesse et de maux. Des déchirures et des traces ineffaçables d’une femme qui a vécu une enfance déchirée par un exil forcé qui avait séparé plusieurs familles maroco-algériennes en 1975 quand il y avait eu l’expulsion de plusieurs milliers de marocains d’Algérie.

Et aujourd’hui, elle est restée tourmentée menant une vie presque impossible, car cet incident s’est répercuté sur sa vie sociale et familiale. Ce film est une œuvre d’auteur, si bien qu’il a été projeté en sélection officielle du Forum du festival de Berlin 2018.

Suivant un ton et un rythme de narration lent et surprenant, la réalisatrice garde ce rythme durant toute l’histoire. Une performance o͹ l’actrice Ghalia Benzaouia joue avec aisance et force imprégnée par ce rÍ´le pas trop facile Í  interpréter.

Un rÍ´le qui porte et rythme le film. Ce dernier est entassé de tristesse et de douleur. Sa fin reste ambigͼe, car l’histoire est une quête d’un bonheur qu’on ne peut atteindre.

L’héroͯne y fera des concessions sans que cela puisse lui servir Í  remédier Í  sa situation. Un film dur et poignant.



B.L.