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La quête de la liberté
Le nouveau long-métrage de fiction « Sœurs » de la réalisatrice Yamina Benguigui a été projeté en avant-première le 3 décembre à la salle du « Colisée » en présence de la réalisatrice et d’un public assez nombreux.
Yamina Benguigui a tenu à rappeler, en présentant son film, des difficultés qu’elle a rencontrées pour le montage du film qui a coïncidé avec l’arrivée de la pandémie du Covid-19. Cela a engendré les confinements et les fermetures. Elle a indiqué que « Sœurs » raconte la lutte des femmes pour leur liberté, leur droit et leur double appartenance sur fond d’un enlèvement.
Le film est une fiction qui se confond avec la réalité. Le casting est choisi comme pour ressembler au mieux à la réalité. Les comédiennes sont des françaises d’origine algérienne, marocaine ou tunisienne. Il s’agit d’Isabelle Adjani, Rachida Brakni, Maiwenn et Hafsia Herzi. Un plateau de choix.
Dans le film, les trois sœurs : Zorah, Nohra et Djamila sont contraintes à aller en Algérie sur ordre de leur mère pour retrouver leur frère Rheda enlevé par leur père vingt neuf ans auparavant. Elles doivent rencontrer ce père dont elles apprennent qu’il est mourant pour qu’il leur révèle où se trouve leur frère. Leur aventure est rocambolesque.
Rocambolesque l’est encore le parallélisme entre l’histoire du film et la pièce de théâtre que prépare la sœur aînée sur leur mère. Les répétitions nous révèlent le drame vécu par la mère. Et chemin faisant, les flash-back nous donnent une idée claire sur les événements passés. Le devoir de mémoire et la tragédie familiale cohabitent. C’est le défoulement pour ces femmes pour échapper à leur passé.
Mais le présent est au tournant dans la mesure où leur quête du père à Alger tombe à pic avec le début du « Harak » (Soulèvement populaire) du peuple algérien contre un cinquième mandat pour leur président. Cette lutte pour retrouver le passé, se heurte à un présent encore plus dur. La musique et les chansons d’Idir et de Souad Massi rythment agréablement le film.
B.L.