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La force de vaincre l'indifférence.
Le long-métrage documentaire: "Bint El Gamra" (Girl of the moon) de la réalisatrice tunisienne Hiba Dhaouadi a été projeté hors compétition aux JCC le 5 novembre Í la salle de l'ABC.
En présence de ses équipes artistique et technique et d'un public très nombreux, "Bint El Gamra" a su avec subtilité et sans rajouts interpeller la conscience des spectateurs sur un sujet épineux celui des enfants de la lune qui sont dans ce documentaire trois jeunes filles répondant aux prénoms de Lamia, Aya et Sihem.

Leures répliques ont été applaudies Í maintes reprises durant le film et Í la fin de la projection prouvant Í quel point elles s'attachent Í la vie et la réussissent avec détermination et amour, malgré leur handicap Í vivre loin du soleil. Elles affrontent la réalité, se racontant et défiant ainsi une maladie mortelle o͹ ses porteurs la quittent Í la fleur de l'age!

Leur douleur commune est celle de l'indifférence d'une majeure partie de la société qui ne veut point les considérer comme de vrais citoyennes. Cette douleur vit en eux, ainsi que celle d'être des jeunes filles qui ne se marieraient pas et qui n'auraient pas d'enfants.
Elles sont Í la fois dans la société et en marge d'elle vivant au jour le jour. La réalisatrice a choisi de décrire ces situations anachroniques par des images-symbÍ´les. Il en est une qui revenait par intermittence et qui a été choisie comme affiche du film. Il s'agit d'un poisson nageant emprisonné dans une bouteille placée au bord de la mer.
Une image très touchante o͹ la vie devient un emprisonnement pour ces filles qui vivent comme un poisson dans l'eau, mais toujours dans une bouiteille et non pas dans son espace naturel. Elles sortent la tête et le visage enveloppés pour se prémunir d'un soleil qui brÍ»lerait leur peau et aggraverait leur maladie.

La réalisatrice Hiba Dhaouadi a osé mettre Í nu un thème dont le cinéma a très peu soulevé, celui des enfants de la lune et ici "Bint El Gamra" est bien présente et manifeste son attachement Í la vie malgré les "qu'en dira-t-on."
B.L.