Ouverture du 55è festival international de Hammamet

Les « Messages de la liberté » sont bien arrivés


Ouverture du 55è festival international de Hammamet

Les « Messages de la liberté » sont bien arrivés

Fidèle à sa bonne vieille tradition théâtrale, le festival international de Hammamet démarrait dans sa 55è édition en cette soirée du 11 juillet avec la nouvelle pièce : « Rassael al horriya » (Les messages de la liberté) sur un texte du célébrissime Ezzeddine Madani et une mise en scène de Hafedh Khlifa.
Le public était nombreux et s’était délecté sur les gradins durant près de deux heures avec ce grand spectacle théâtral en arabe littéraire qui évoque des épopées puisées de l’histoire arabe de la Tunisie. Une pièce du genre épique où les événements évoqués collent parfaitement aux réalités actuelles politiques, religieuses et sociales de notre pays. L’histoire se renouvelle d’elle-même, dit-on. Mais faut-il saluer le choix judicieux de telles époques où ceux qui règnaient se payaient en fait la tête du bon peuple qui avait pourtant chassé les tyrans après avoir réussi son mouvement populaire pour n’avoir, en fin de compte, que de nouveaux dictateurs !

Et dans ce même ordre d’idées, c’est un « Mehdi Montadhar » (Un sauveur des plus attendus), tel un nouveau prophète, qui débarquera pour délivrer les opprimés et faire régner la justice. Mais il n’est qu’un faux-semblant. Et il sera trop tard pour ses « adeptes » pour sauver la mise. Le concept du pouvoir et de la construction d’un nouvel Etat est l’idée même de cette pièce. Les douleurs du présent sont ressenties à travers celles du passé.

Il s’agit des sociétés arabes qui n’ont pas du tout une expérience dans la démcoratie, où les politiques utilisent la religion pour gagner la confiance du peuple. Et sur le plan de la mise en scène, ce spectacle théâtral fait appel à tout l’espace se situant des deux côtés de la scène et même le mur de son fond afin de donner plus de vie aux événements racontés et joués. Les comédiens se sont bien acquittés de leur tâche dans leur beaux costumes d’époque. Leurs voix fortes et limpides avaient exprimé à leur juste valeur la force des mots et des événements successifs et parfois des plus inattendus.

Les autres ingrédients de la pièce, à savoir les lumières étaient étrangement utilisés en mode tamisé avec peu de plein feu. La musique, quant à elle, était trop forte dans son mode électronique. La voix en off de Lotfi Bouchnak dans ses chants religieux montait telle une clameur. Elle venait donner du tonus au spectacle, voire pour l’expliquer au mieux. Le public avait fortement applaudi ce nouveau spectacle théâtral qui venait raconter le présent de la Tunisie, au passé.

B.L.

Dar Sebastien - Centre Culturel International de Hammamet

Dar Sebastian ou Villa Sebastian est un domaine qui comprend des résidences, des jardins et un parc...