Interview : Mon moment avec Monica Bellucci

L’actrice italienne Monica Bellucci était présente en Tunisie pour le tournage du nouveau film de Kaouther Ben Hania «L’homme qui avait vendu s

Interview : Mon moment avec Monica Bellucci

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L’actrice italienne Monica Bellucci était présente en Tunisie pour le tournage du nouveau film de Kaouther Ben Hania «L’homme qui avait vendu sa peau» et nous avons eu le privilège de l’interviewer et de la connaitre le temps d’un sublime moment avec l’une des plus belles femmes du monde.



Sous ses lunettes de soleil noires et ses longs cheveux bruns, Monica Bellucci parait inaccessible, entourée d’un certain mystère qui flotte toujours dans les airs quand elle est là. Mais dès qu’on s’y approche où qu’on lui parle, on voit de suite sa modestie, sa disponibilité et sa générosité, avec sa voix et son accent reconnaissables parmi tous, elle met les gens à l’aise et elle s’est prêtée au jeu des questions réponses avec grand plaisir.

Chères lectrices et chers lecteurs voici l’interview de Monica Bellucci ou encore mon moment avec Monica :

C’est la première fois que vous tournez en Tunisie, comment a commencé cette aventure ?

En effet c’est la première fois que je tourne ici mais c’est la deuxième fois que je viens en Tunisie. J’y étais pour les vacances il y a quelques années et j’avais beaucoup aimé.
Quand on m’a dit que le tournage se faisait en Tunisie, j’étais heureuse de revenir pour le plaisir de revoir ce pays mais aussi pour le plaisir de tourner avec Kaouther qui est une réalisatrice que j’aime beaucoup et pour qui j’ai énormément de respect.
J’ai vu son film la belle et la meute « Ala kaf 3efrit », c’est une généralisatrice avec beaucoup de talent, son film a été très apprécié à cannes, elle a écrit un nouveau scénario très original et très pointu. Du coup j’ai accepté ce projet avec plaisir et je suis retournée dans votre pays.

On est à Sidi Bou Said, un village historique et exceptionnel et plus précisément à l’hôtel villa bleue, pourquoi avez-vous choisi cet endroit ?

Disons que j’aurais voulu avoir plus de temps pour mieux découvrir, mais déjà me réveiller le matin, sortir dans cette belle terrasse et regarder la beauté de la mer et cette vue incroyable ; lire mon scénario avec ce panorama devant moi c’est magnifique!

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J’ai marché un peu dans le village et c’est vrai qu’on sent une atmosphère très particulière.
Par la suite je suis bien sur allée visiter le musée de mon ami Azzedine Alaïa, je suis aussi passée au cimetière. La mort de Azzedine m’a beaucoup touchée parce que c’était un artiste merveilleux, il adorait mettre la féminité en valeur, il avait cette forme d’amour pour la féminité qu’on a vu dans sa mode, il rendait les femmes sculpturales.
Et il était toujours là, quand j’arrivais à Paris pour déjeuner avec lui, il était toujours en train de coudre et tu sentais cette passion... J’appelle ça passion, parce que ce qui gardait Azzedine jeune c’est justement cette passion toujours vivante comme quand il était très jeune.
C’était tellement beau de se retrouver tous ensemble autours d’une table à côté de lui à parler de tout et de rien. Du coup arriver là dans son pays natal m’a beaucoup touchée.

Vous avez beaucoup collaboré ensemble avec Azzedine et la maison Alaïa ?

J’ai fait beaucoup de tapis rouges avec ses créations et disons que ses créations font partie de mon histoire au cinéma.

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Vous ne travaillez pas souvent avec des réalisatrices femmes ?

Si bien sûr mais il y a plus de réalisateurs hommes que de réalisatrice femmes, mais après quand c’est possible c’est magnifique.

Comment c’est de travailler avec une réalisatrice ? Y-a-t-il une différence ?

Non mais peut être avec les femmes on va plus vite à l’essentiel, il y a cette complicité féminine qui est toute naturelle, on se regarde dans les yeux et on va direct au problème.
Parce qu’entre femmes il y a cette parole sans mots, on se comprend en se regardant et du coup la communication va plus vite.

Et avec Kaouther Ben Hania, comment ça se passe ?

Kaouther est une femme forte, courageuse et elle a un côté direct…
Quand je regarde mon parcours il y a beaucoup d’hommes et pas beaucoup de femmes et quand je vois une femme diriger sur le plateau, c’est toujours un peu surprenant. Même si dans ce métier c’est le travail de toute une équipe.
C’est un ensemble où chacun est indépendant quelque part, mais de voir une femme qui a cette complicité avec toute son équipe et qui à travers ça, elle arrive à mettre en œuvre son film, c’est génial.
C’est comme quand je monte dans un avion et que je vois une femme pilote, on commence à être habitué mais c’est encore nouveau.

Vous n’êtes pas féministe mais vous aimez et respectez beaucoup les femmes ?

Moi je suis une femme qui aime les hommes et je le dis toujours, je ne veux pas une guerre avec les hommes, avec la guerre on ne va nulle part, avec la guerre on ne peut que reproduire encore plus de guerres.
Moi ce que je veux c’est la communication, et je pense que les hommes ont besoin des femmes comme les femmes ont besoin des hommes. C’est en cherchant une relation qu’on peut faire quelque chose de meilleur, ce n’est surtout pas en se faisant la guerre.
C’est nouveau de voir des femmes qui sont dans le social beaucoup plus qu’avant, c’est une chose qui vient de notre génération, à l’époque de nos mères et de no grands-mères c’était rare de voir ça.
Aujourd’hui les femmes sortent de la maison et les hommes rentrent dans la maison, devant l’école on voit plus d’hommes qui viennent chercher leurs enfants avec la poussette et le porte bébé.
Je pense qu’on est devant un changement de société qu’on ne peut pas ignorer.

Parlons maintenant de votre personnage dans ce film «L’homme qui avait vendu sa peau», qu’est-ce qui vous a séduite dans ce rôle ?

C’est une femme qui travaille dans le monde de l’art et qui se retrouve à vivre dans un monde moderne où il y a l’esprit artistique et en même temps qui génère beaucoup d‘argent. Après bien sûr c’est une fiction ce n’est pas la réalité.
Je ne peux pas encore trop parler du film parce que tout est encore dans ma tête, je n’ai rien vu et quand je verrai le film je comprendrai.

Quels sont vos projets à venir, y-a-t-il des choses qui se préparent ?

Je serai au Festival du Film de Venise pour le film « Irréversible » qui s’intitule maintenant « Inversion intégrale » est dont le réalisateur Gaspard Noé a monté cette fois à l’endroit, alors que le premier était monté à l’envers ça veut dire que ça commençait par la fin.
C’est donc une autre lecture du film, c’est un film qui traite de la violence et dont tout le monde a parlé à sa sortie en 2002, mais le film n’a pas pris une ride. Il a été tourné avec une construction tellement moderne qui le rend intemporel, et cela arrive aux films soit-dit classiques.

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Il y aura toute l’équipe alors à Venise ?

Je ne sais pas, il y a des personnes qui travaillent sur d’autres tournages.
En tout cas Venise est prévue et ça me fait plaisir de faire des films comme ça. Parce qu’on comprend le parcours qu’on a fait quand on fait des films qui vont rester dans le temps. Je me rends compte qu’il y a des films qui font partie de mon parcours sans lesquels ça n’aurait été pareil dont « Irréversible », « Malena », « Asterix et Obelix » ou encore « La Passion du Christ ».

Comment choisissez-vous vos rôles ?

J’ai des enfants et je ne peux pas travailler tout le temps du coup je travaille de temps en temps et je fais des pauses pour m’occuper de mes filles.
Pour le choix des rôles c’est l’instinct, quand je lis un scénario, je commence à penser à la manière de faire ce rôle, mais après il y a une partie inconsciente et tu ne sais pas pourquoi tu as envie d’aller vers certaines choses plutôt que d’autres, après vient le choix du scénario, l’envie de travailler avec un réalisateur et les deux ensemble…

Quel est le rôle que vous avez envie de faire et qu’on ne vous a jamais proposé ?

Il y en a plein, mais en même temps j’aime bien quand les choses arrivent à moi sans vraiment tout programmer. Il y a des projets qui arrivent auxquels je n’avais même pas pensé. Là bientôt j’ai un autre projet dont je ne peux pas trop parler pour le moment, c’est une comédie.
Des fois ça m’arrive de recevoir des projets inattendus avec des rôles que je n’ai pas faits, c’est ce qui est important finalement, chercher de faire des rôles ou tu peux te mesurer avec une expérience nouvelle ou tu as d’autres choses à apprendre.
Dans ce métier si tu n’as plus peur c’est fini. C’est beau d’arriver dans un plateau toute excitée devant un challenge, un défi, parce que si tu vas te répéter avec des choses que tu as déjà faits c’est moins intéressant.

Que voulez-vous dire aux tunisiens qui vous écoutent où vous lisent là maintenant ?

En ce qui me concerne Tunisien c’est méditerranéen, quand je vois une femme tunisienne pour moi c’est une femme italienne, je me sens vraiment très proche car il y a cette méditerranéité qui crée une culture commune.

Vous avez deux filles de 9 et 15 ans, qu’est-ce que vous leur diriez si elles voulaient faire le même métier que vous ?

Je ne sais pas, elles sont encore très jeunes, elles expérimentent des choses et après je ne sais pas ce que ça va être leur vraie voie.
Je voudrais qu’elles fassent ce qu’elles ressentent et ce qui les passionnent dans n’importe quel métier artistique que ce soit la photo, le cinéma, l’écriture, la peinture, la musique…

La peinture ou la musique ce n’est pas plus facile que le mannequinat ?

Je pense que tout est difficile, si tu veux faire du pain il faut que ce soit du bon pain, frais et croustillant. En gros ce que je veux dire c’est que tout est difficile dans la vie, c’est la passion qui rend les choses spéciales.

Que diriez-vous aux gens qui aimeraient visiter la Tunisie et qui entendent des rumeurs ?

Ce que je peux dire c’est que c‘est un moment historique et particulier où on vit tous la même chose et partout dans le monde, aujourd’hui on est dans une réalité qui nous rend tous frères.
La Tunisie c’est beau et puis c’est juste à côté de l’Italie, on est voisin !

Après le mannequinat et le « acting », pensez-vous un jour être derrière la caméra ou écrire ?

Peut-être que je pourrais collaborer à l’écriture ou à la production mais derrière la caméra non.

 


N.AZOUZ
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